Policière noyée dans la Seine : "On nous a caché la vérité"

Policière noyée dans la Seine : "On nous a caché la vérité"
Le syndicat Unsa police a consulté des documents jugés "accablants".

Orange avec AFP, publié le mercredi 25 avril 2018 à 16h35

Près de quatre mois après la noyade d'une policière de 27 ans dans la Seine, l'hypothèse d'erreurs en série de sa hiérarchie est évoquée par Le Canard enchaîné daté de ce mercredi 25 avril.

Le décès d'Amandine, policière de la brigade fluviale de Paris morte le 5 janvier dernier lors d'un exercice de routine à hauteur de la cathédrale Notre-Dame, a-t-elle été causée par des dysfonctionnements ? Pour la préfecture de police de Paris, il s'agit d'un accident malheureux et inexplicable. "Pourtant, la hiérarchie policière a, dès les premières heures, eu connaissance des causes du drame, établies grâce aux témoignages des participants à l'exercice", écrit Le Canard enchaîné.

"Une ligne de vie lâchée au mépris du protocole"

La policière a disparu dans le fleuve lors d'un exercice de plongée avec bouteilles vers 10h50.

Les conditions étaient mauvaises ce jour-là : le niveau de la Seine était fortement monté dans la capitale après le passage de la tempête Eleanor, atteignant près de 3,70 m.



Selon des éléments de l'enquête, révélés par l'hebdomadaire, la corde d'une quinzaine de mètres reliant le Zodiac au quai "aurait dû empêcher la policière d'être emportée par les tourbillons du fleuve en crue". Mais elle a été "détachée de l'embarcation à la suite d'une erreur d'appréciation".



Selon Le Canard enchaîné, le moniteur de plongée qui dirigeait l'exercice a déjà "confessé à plusieurs reprises à ses collègues et à sa hiérarchie qu'il avait donné l'ordre à ses homme de détacher la 'ligne de vie'". Et l'hebdomadaire d'ajouter : "Un geste incohérent, accompli dans la panique et dérogeant aux règles écrites de la fluviale".

"La ligne de vie de la plongeuse a été lâchée au mépris du protocole", a confirmé auprès du Parisien le secrétaire départemental adjoint de l'Unsa, Nicolas Pucheu. Selon lui, la plongeuse aurait d'abord dû être délestée de sa bouteille d'air, de sa ceinture de plomb et avoir gonflé son gilet pour pouvoir se laisser dériver. "Amandine a été livrée à la Seine avec un équipement d'une quarantaine de kilos, et elle n'est pas parvenue à gonfler son gilet. Amandine a coulé à pic".

"Quant à son collègue, resté dans l'embarcation, et censé lui porter secours, il n'était pas équipé de sa bouteille d'air : lorsqu'il a plongé pour lui venir en aide, il s'est trouvé en difficulté, dans des eaux démontées et des conditions exécrables. Il a dû regagner le bateau", explique Nicolas Pucheu.

Un exercice "décidé sur un coup de tête"

"Contrairement aux dires de la Préfecture de police, l'exercice n'était pas programmé de longue date", ajoute Le Canard enchaîné. "Il s'est décidé sur un coup de tête, le matin même, alors que le débit de la Seine atteignait un niveau record". L'hebdomadaire évoque également le choix du lieu, "un goulet d'étranglement" encore "plus dangereux en cas de crue, les courants étant particulièrement forts".

"On nous a caché la vérité", assure la mère d'Amandine au Canard enchaîné. "À aucun moment la Préfecture de police ne nous a dit qu'une erreur avait été commise, que le moniteur avait donné l'ordre de lâcher la ligne de vie. C'est pourquoi je me suis portée partie civile".

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