Policier renversé dans l'Essonne : "La colère nous habite", assure la police après ce nouvel acte de violence

Policier renversé dans l'Essonne : "La colère nous habite", assure la police après ce nouvel acte de violence
(Photo d'illustration)

, publié le mercredi 14 octobre 2020 à 12h30

Un policier est entre la vie et la mort après avoir été renversé par une voiture dans l'Essonne, nouvel incident d'une série de violences visant les forces de l'ordre à la veille d'une rencontre des syndicats avec Emmanuel Macron. Le syndicat Alliance a appelé à se rassembler mercredi soir devant le commissariat de Juvisy-sur-Orge, où travaille le policier.




Un policier d'une quarantaine d'années a été hospitalisé  avec un "pronostic vital engagé" après avoir été renversé par le conducteur d'une voiture dans la nuit de mardi à mercredi 14 octobre à Savigny-sur-Orge (Essonne).

Il souffre d'une fracture à la jambe et d'un traumatisme crânien. Les faits se sont produits vers 1H30 à Savigny-sur-Orge. Un équipage de la Brigade anti-criminalité (BAC) s'est approché pour contrôler la voiture, une Peugeot "volée", ont ajouté ces sources. Mais le conducteur a redémarré et renversé ce brigadier "très expérimenté", qui a "vingt ans de police sur le département, tout dans la Bac nuit". Le conducteur, qui a été identifié par les policiers, est en fuite. Lors du contrôle, "il y avait trois individus à pied autour du véhicule" qui ont eux aussi pris la fuite sans être interpellés.

"Tous les moyens sont mis en œuvre pour retrouver l'auteur", a écrit sur Twitter le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, en apportant son "soutien" au fonctionnaire blessé.





Le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti a lui aussi témoigné son "soutien total aux forces de l'ordre et à leurs proches". "Avocat j'ai défendu des policiers touchés dans leur chair et des familles révoltées par ces situations inacceptables", a-t-il écrit sur Twitter, "le ministère de la Justice sera toujours à leurs côtés".

"La colère nous habite"

Mercredi matin, le quadragénaire était encore "entre la vie et la mort", a indiqué Claude Carillo, secrétaire général du syndicat Alliance Essonne, auprès de BFMTV. "La colère nous habite", a martelé le secrétaire général Alliance de l'Essonne. Cet incident survient en effet après deux nouveaux épisodes de violences visant les forces de l'ordre, à Herblay, dans le Val-d'Oise la semaine dernière et à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) ce week-end

"Une fois de plus, une fois de trop, ça suffit", a déclaré Frédéric de Oliveira, secrétaire régional du syndicat Unité-SGP. Il y a "une défiance envers l'Etat et ce sont les policiers qui paient", a-t-il ajouté. Dans un communiqué, Alternative-Police a exigé une "réponse pénale ferme et incompressible contre tous ceux qui s'en prennent à un représentant de l'autorité de l'Etat". Le syndicat Alliance a de son côté appelé à un rassemblement de soutien devant le commissariat de Juvisy à 19H30 mercredi. 

Les syndicats reçus par Macron

Les syndicats de police ont été réunis mardi soir en visioconférence par le ministre de l'Intérieur, qui leur a détaillé plusieurs mesures pour améliorer leurs conditions de travail, dont la création d'une prime de nuit pour les "nuiteux", les 22.000 policiers travaillant de nuit, et des mesures sur le déroulement de carrière. Jeudi, les syndicats doivent cette fois être reçus par le chef de l'Etat. Une rencontre qu'ils réclamaient de longue date et où doit notamment être évoquée, selon le ministère, leur "protection".

"On ne peut pas accepter que tous les jours on comptabilise plus de 18 blessés chez les policiers. Tout cela doit cesser", a poursuivi Frédéric Lagache en appelant à des annonces "concrètes" de la part du président. "Sinon la peur risque de contaminer le gouvernement", a-t-il dit.

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