Police municipale à Paris : le projet d'Anne Hidalgo voté avec les voix de la droite

Police municipale à Paris : le projet d'Anne Hidalgo voté avec les voix de la droite
(illustration)

publié le jeudi 03 juin 2021 à 11h34

Les premiers policiers municipaux de la capitale seront opérationnels dès la rentrée de septembre.

Le projet de police municipale parisienne, promesse de la maire PS Anne Hidalgo aux municipales de 2020, a été adopté mercredi 2 juin avec les voix de l'opposition, mais sans celles de ses alliés écologistes et communistes.

Le projet défendu par son adjoint à la sécurité Nicolas Nordman a été adopté en Conseil de Paris grâce aux voix des élus PS, de droite et du centre (MoDem, indépendants pro-Macron, LR et apparentés) et malgré l'opposition des autres élus de gauche (PCF, EELV, Générations).

Anne Hidalgo, qui s'était ralliée à cette idée en 2019, un an avant d'être réélue, a salué une "décision historique" alors que la police municipale est "partout ailleurs en France une évidence du quotidien". La promulgation fin mai de la loi Sécurité globale, même partiellement censurée, a permis de mettre fin à une exception historique.

Les premiers policiers municipaux, équipés d'un gilet pare-balles, d'une gazeuse, d'une matraque, de menottes mais pas d'arme létale, seront opérationnels dès la rentrée de septembre, par vague de 200 ayant satisfait aux sessions de formation. L'objectif de la mairie est de passer de 3.300 agents aujourd'hui actifs au sein de la Direction de la Prévention, de la Sécurité et de la Protection (DPSP) à 5.000 pour les JO de 2024. Répartis dans 17 divisions d'arrondissement, les policiers parisiens pourront verbaliser dépôts sauvages, épanchements d'urine, jets de mégots, nuisances sonores, déjections canines, stationnements gênants ou débords de terrasses.

Les élus de droite, qui réclamaient cette police municipale "depuis de nombreuses années", ont voté le projet tout en soulignant ses nombreux défauts. "Un policier sans arme, c'est une cible", a estimé la députée Brigitte Kuster (LR). En l'absence de "prérogatives supplémentaires" par rapport à la DPSP, elle "n'aura de police que le nom", a déploré Nicolas Jeanneté (Les Centristes). 

Pour le maire du XVe arrondissement Philippe Goujon (LR), cette police municipale "ne comptera pas 5.000 policiers" comme annoncé "mais seulement 3.400, le solde étant composé de médiateurs et de simples agents de surveillance".

Craignant un désengagement de la police nationale, écologistes et communistes ont voté contre. La police municipale "ne répondra pas aux problèmes de sécurité publique", a dit Fatoumata Koné (EELV). "Tous les maires communistes" qui ont mis en place une police municipale "m'ont confirmé que ces créations entraînaient un retrait de l'Etat dans ses missions de sécurité", a assuré Nicolas Bonnet-Oulaldj (PCF).

 

Vos réactions doivent respecter nos CGU.