Polanski: Schiappa s'en prend aux nominations des César

Chargement en cours
La secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, à l'Elysée, le 15 janvier 2020 à Paris
La secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, à l'Elysée, le 15 janvier 2020 à Paris
1/2
© AFP, Ludovic Marin
A lire aussi

, publié le mercredi 29 janvier 2020 à 20h18

La secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a estimé mercredi sur RTL que "le monde du cinéma français n'avait pas terminé sa révolution" en matière de violences sexistes et sexuelles réagissant au fait que le dernier film de Roman Polanski soit en tête des nominations aux César.  

"Je m'interroge sur le message qui est envoyé, manifestement le monde du cinéma français n'a pas terminé sa révolution en ce qui concerne les violences sexistes et sexuelles", a-t-elle lancé. 

"Il y a deux ans encore, j'étais à la cérémonie des César et elle était placée sous l'égide de #Metoo avec une célébration de la valorisation des femmes, de leur parole, de leur liberté dans le monde du cinéma, quel est là le message que l'Académie des César souhaite envoyer aux femmes ?", a-t-elle insisté. 

Thriller historique sur l'affaire Dreyfus avec Jean Dujardin, récompensé par le Grand prix du jury à Venise, "J'accuse" est en lice pour douze prix pour les récompenses suprêmes du cinéma français, notamment dans les catégories reines de la meilleure réalisation et du meilleur film.

"On nous dit tout le temps: +il faut séparer l'homme de l'œuvre+, fort bien, mais là c'est l'homme, c'est à l'homme qu'on propose de remettre une récompense, c'est lui qui est également nommé, il y a là des signaux contradictoires", a-t-elle lancé, évoquant a contrario le film de Céline Sciamma ("Portrait d'une jeune fille en feu") qui lui "porte un message de soutien aux droits des femmes" et "célèbre la liberté des femmes"

"On nous dit parfois +vous allez briser les carrières des hommes en parlant des violences sexuelles qu'ils ont commises, manifestement cela ne brise pas du tout la carrière, en tout cas de cet homme, c'est plutôt pour les femmes qui parlent que ça ferme des portes", a-t-elle ajouté.

Interrogée sur la position du président de l'Académie des César Alain Terzian qui a affirmé que les César n'étaient "pas une instance qui doit avoir des positions morales", la ministre a rétorqué: "Il ne s'agit pas de morale (...), je ne fais pas de morale je fais du droit". 

"Je crois qu'on ne respecte pas les femmes et notamment les femmes qui parlent des violences sexuelles qu'elles ont vécu (...)", a-t-elle encore ajouté. "#Metoo, cela a commencé par le cinéma, il ne faudrait pas que, par le cinéma, il y ait un recul pour les femmes".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.