Poitiers : semaines à rallonge, salaire minime, les étudiants en médecine s'indignent

Poitiers : semaines à rallonge, salaire minime, les étudiants en médecine s'indignent©Panoramic

, publié le mercredi 09 décembre 2020 à 18h35

La crise sanitaire oblige les étudiants en médecine à être directement en première ligne pour aider à soigner les patients touchés par le coronavirus, tout en continuant leurs études. Une situation qui devient intenable pour des jeunes aux revenus très limités et à l'emploi du temps surchargé.

Les étudiants en médecine de France sonnent l'alarme. Invité mercredi 9 décembre sur France Bleu Poitou, Benjamin Bigaud s'est fait l'écho de ses camarades. Étudiant en cinquième année de médecine à Poitiers mais aussi représentant des étudiants au conseil d'administration de la faculté, il a alerté sur les conditions de vie catastrophiques dans lesquelles sont plongés les étudiants depuis le début de la crise sanitaire dans le pays.



S'ils avaient été « épargnés » dans un premier temps, la seconde vague de contaminations au coronavirus a poussé les services hospitaliers à faire appel à ces étudiants. Que cela soit « pour faire des vacations d'aide-soignant, pour réaliser les tests PCR, participer aux centrales d'appel au niveau de l'ARS », ces apprentis médecins ont fait front pour soulager les autres soignants.

Un véritable baptême du feu pour des jeunes qui ne sont parfois pas préparés à gérer un tel stress et plusieurs situations difficiles à vivre. Benjamin Bigaud souligne notamment auprès de France Bleu Poitou l'absence de cadre concernant « tout ce qui est la gestion de la douleur ou de la mort, auxquelles les étudiants sont confrontés tous les jours ».

Un salaire très faible pour des semaines à rallonge

En plus du stress accumulé au cours des journées, les étudiants doivent composer avec une rémunération très faible. « En médecine, on est payés à peu près 90 centimes de l'heure quand les taux horaires sont respectés », souligne Benjamin Bigaud.

Si les salaires ne devraient pas évoluer, le CHU de Poitiers va instaurer un dispositif appelé « Com'in » selon France Bleu Poitou. Cela doit permettre d'accompagner les étudiants et les soutenir au niveau financier, logistique et psychologique.

Les jeunes doivent également trouver le temps de continuer à étudier au sein d'un emploi du temps où tout s'accumule pour eux. « Entre ses gardes, ses vacations et ses stages, une amie a effectué plus de 80 heures par semaine », confie l'étudiant en cinquième année.

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