Plus de 300 personnes rassemblées pour un match de foot dans l'Essonne

Plus de 300 personnes rassemblées pour un match de foot dans l'Essonne
La ville de Grigny (illustration).

, publié le mercredi 27 mai 2020 à 13h55

Une enquête pour "dégradations", les organisateurs étant entrés par effraction dans le stade, et "mise en danger de la vie d'autrui", a été ouverte. 

Bravant l'interdiction de se rassembler à plus de dix, plusieurs centaines de personnes se sont retrouvées mardi vers 20h30 au stade Condorcet de Grigny dans l'Essonne pour assister à un match de football illégal opposant des jeunes du quartier de la Grande Borne à ceux des Tarterêts, un quartier de Corbeil-Essonnes. Le match s'est déroulé sans incident. Selon la préfecture, entre 300 et 500 personnes étaient présentes.



"Mise en danger d'autrui, irrespect des personnels soignants.

C'est à ne plus rien comprendre du maître-mot depuis deux mois", s'est insurgé le maire PCF de Grigny Philippe Rio sur Twitter. La municipalité a indiqué dans un communiqué déposer plainte pour "mise en danger de la vie d'autrui", fustigeant la "totale irresponsabilité qui confine à la stupidité" des organisateurs de la rencontre. 


La police, qui n'était là qu'en "surveillance", n'a pu intervenir pour empêcher le match. "S'il n'y a pas de débordement, on ne va pas aller en provoquer un, même s'il y a un non-respect des gestes barrière", a indiqué à l'AFP une source proche du dossier. Par ailleurs, a précisé la préfecture, les effectifs étant déjà "mobilisés au même instant sur les incidents à Brunoy, les effectifs nécessaires pour une dispersion en toute sécurité ne pouvaient être immédiatement réunis". 

"Au regard du risque sanitaire, de tels rassemblements restent proscrits et peuvent donner lieu à l'engagement de poursuites judiciaires", a rappelé la même source. Le commissariat de Juvisy devrait être chargé de l'enquête pour "dégradations", les organisateurs étant entrés par effraction dans le stade, et "mise en danger de la vie d'autrui", selon la source policière. 

Un match du même type avait rassemblé entre 300 et 400 personnes dans un stade de Strasbourg dimanche, provoquant également la réprobation de la municipalité. Les autorités ont appelé mardi les personnes ayant participé à ce rassemblement à se faire rapidement et massivement dépister pour éviter un nouveau "cluster". Les participants à ce rassemblement pourront se rendre à partir de jeudi au centre de dépistage installé au Parlement européen pour bénéficier anonymement d'un test virologique, sans rendez-vous ni consultation préalable.

"Il nous faut à tout prix éviter un nouveau cluster à Strasbourg et protéger les participants", ainsi que leurs proches, a indiqué au cours d'une visioconférence de presse la préfète du Bas-Rhin, Josiane Chevalier. "Notre sujet numéro 1 est d'ordre sanitaire, ce n'est pas un piège" à l'encontre des participants à cet événement, a insisté la préfète, tout en dénonçant un "événement incompréhensible, irresponsable, gravissime", alors que la région Grand Est reste classée "rouge" face à l'épidémie de coronavirus.

Par ailleurs, la préfète de Gironde a promis lundi des "sanctions", des verbalisations, à l'encontre de jeunes qui ont improvisé une "fête" rassemblant "entre 70 et 100" personnes dans la nuit de vendredi à samedi sur une plage d'Arcachon. "Il va y avoir une suite, puisque des jeunes ont pu être identifiés sur (une) vidéo (qui a été partagée sur les réseaux sociaux, ndlr) et sont ou vont être convoqués, et - il faudra voir chaque cas -, mais verbalisés, sans nul doute", a déclaré Fabienne Buccio. "Tous ceux qu'on pourra identifier, on les recevra. Il faut leur montrer qu'on est pas dans un monde d'impunité, que quand on contrevient à la loi, il y a une sanction".

Une enquête pour "mise en danger de la vie d'autrui" a été ouverte par le parquet, selon une source proche du dossier. "Si eux se sentent, parce qu'ils sont jeunes, peut-être plus protégés que d'autres, il faut pas oublier qu'ils ont des parents (...) On ne peut pas comme ça faire prendre de tels risques, pour soi à la limite, mais aux autres...", a dénoncé la préfète
 

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