Planification, services publics, relocalisations... Jean-Luc Mélenchon imagine le monde après le coronavirus

Planification, services publics, relocalisations... Jean-Luc Mélenchon imagine le monde après le coronavirus
Jean-Luc Mélenchon à Paris, le 3 mars 2020.

, publié le dimanche 22 mars 2020 à 17h22

Emmanuel Macron ne pourra pas mener les changements sociétaux nécessaires, estime l'Insoumis.

Que va devoir faire la France une fois que l'épidémie de coronavirus sera passée ? Jean-Luc Mélenchon a déjà fait son idée, mais il voudrait que "le monde d'après" la pandémie "commence maintenant". Et il faudra que ce soit sans Emmanuel Macron, estime-t-il dimanche 22 mars.

"Le monde d'après, je voudrais qu'il commence maintenant", a déclaré le chef de file des insoumis, interrogé sur sa vision des mois qui suivront la pandémie de coronavirus dans Questions politiques (France Inter/France Télévisions/Le Monde). "C'est maintenant qu'il faut commencer à faire de la planification de la production, maintenant qu'on fait de la fraternité, maintenant qu'on en finit avec l'égoïsme social", a-t-il plaidé. 


"Sur le plan économique et du pouvoir, il va falloir changer et comprendre que ce que nous disions n'était pas qu'une vue de l'esprit.

La priorité au service public, le refus du marché roi partout, la relocalisation... ce sont des mesures à la fois écologiques et indispensables", a encore fait valoir le député des Bouches-du-Rhône. 

Qui conduirait ces changements ? Pas Emmanuel Macron, a répondu Jean-Luc Mélenchon, qui a "zéro confiance dans des gens qui ont méthodiquement désorganisé le service public, préféré le marché à toute autre chose, vidé l'hôpital et les budgets de la santé".

Répétant, comme il l'a fait sur les bancs de l'Assemblée samedi soir lors de l'examen du projet de loi d'urgence, qu'il nourrissait une "opposition sans acrimonie mais en même temps vigilante et exigeante", l'Insoumis a souligné que "des mesures" de l'exécutif pour faire face à la crise ne le "convainquent pas".


"À la fois on ne veut pas accabler, crucifier, avoir un mot plus haut que l'autre qui déclencherait des polémiques et en même temps on est obligé de dire les choses, sinon on ferait tous preuve d'un silence que je qualifierais de complice", a-t-il déclaré.

Interrogé sur la possible prolongation du confinement, Jean-Luc Mélenchon a appelé à "écouter" les experts, "mais sans le mythe de l'omniscience des scientifiques qui parfois peuvent avoir des avis contradictoires".

"Le confinement ce n'est pas une situation naturelle pour un être humain. Il va produire des milliers et des milliers de situations psychologiques de détresse", a-t-il souligné. "C'est pour ça qu'il faut ouvrir des lignes qui permettent aux gens d'appeler des psychologues, des psychiatres, pour que les gens puissent parler", a proposé M. Mélenchon.

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