Plan d'économies chez Renault : manifestation de salariés à Choisy, fin de la grève à Maubeuge

Plan d'économies chez Renault : manifestation de salariés à Choisy, fin de la grève à Maubeuge
Des salariés de Renault manifestent devant le site de Choisy-le-Roi en région parisienne, le 3 juin 2020.

, publié le mercredi 03 juin 2020 à 14h20

Les salariés de Choisy se sont mis en grève mardi pour protester contre la fermeture annoncée du site. A Maubeuge, les salariés de l'usine ont repris le travail mercredi après des annonces "rassurantes" du constructeur automobile.

"Non à la fermeture de l'usine" Renault de Choisy-le-Roi.

Une manifestation spontanée rassemblant environ "300 personnes" s'est déroulée mercredi 3 juin dans cette ville du Val-de-Marne pour protester contre la fermeture annoncée du site dans le cadre du plan d'économies du constructeur automobile. Des salariés de Choisy, en grève depuis mardi, soutenus par les délégués centraux des quatre organisations syndicales (CFE-CGC, FO, CFDT, CGT) ainsi que des "délégations venant de toute la France" et le leader de la CGT Philippe Martinez "se sont mis en marche spontanément à travers la ville en direction de la gare pour manifester leur mécontentement", a indiqué Franck Daoût, délégué central CFDT.



"La direction reste douloureusement silencieuse; nous l'avons sollicitée en vain afin de susciter au moins un dialogue et de calmer les esprits", a-t-il ajouté. Le président de Renault Jean-Dominique Senard "a su se mobiliser pour Maubeuge, Caudan, Dieppe mais pas pour Choisy", a-t-il regretté, en annonçant la tenue d'une "nouvelle manifestation samedi (à Choisy) en présence des élus de la ville". Les salariés de l'usine Renault de Maubeuge (Nord) en grève depuis vendredi ont d'ailleurs annoncé mercredi la reprise du travail, "rassurés" après les annonces du constructeur automobile et du gouvernement. "Nous avons eu des nouvelles rassurantes dont on a fait part aux salariés, même si on reste méfiants", a déclaré Yannick Charlesege (CFTC). "Suite aux engagements de Renault et du gouvernement, les salariés ont décidé de reprendre l'activité sur le site de Maubeuge", a confirmé Jérôme Delvaux (CGT). 

En participant à la manifestation, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a tenu à "soutenir tous les salariés qui sont en grève et qui se battent pour l'emploi", et souligné son "attachement à Renault" dont il est salarié "depuis 38 ans". "Je connais bien le groupe Renault, j'ai connu beaucoup de PDG qui nous annonçaient monts et merveilles pour l'avenir de la marque et on voit dans quelle situation ils ont laissé le groupe et malheureusement, avec des gouvernements successifs, actionnaires de l'entreprise - puisque l'État possède 15% - et qui se sont toujours comportés comme des bons actionnaires qui pensaient d'abord aux dividendes avant l'emploi et (...) les conditions de travail des salariés", a-t-il ajouté.

En difficulté financière et victime de l'effondrement du marché automobile, Renault a annoncé vendredi la suppression de 15.000 emplois dans le monde, dont 4.600 en France, avec des départs volontaires et sans licenciements, dans le cadre de son plan d'économie de plus de 2 milliards d'euros, jusqu'en 2023. Dans le cadre de ce plan, le constructeur a également annoncé la fermeture définitive à l'horizon 2022 du site de Choisy, spécialisé dans la rénovation et le reconditionnement des moteurs et boîtes de vitesse. Le site, employant 262 salariés au total, est le seul sur les 14 du groupe industriel en France, dont la fermeture définitive a été annoncée pour l'heure. Son activité doit être transférée au site de Flins (Yvelines), ce qui suscite "une incompréhension totale", selon Franck Daoût.

Dans un communiqué, l'intersyndicale condamne "unanimement et fermement le projet de réduction des coûts tel qu'annoncé en l'état par la direction générale", qu'elle qualifie de "rigide" et ne s'appuyant "sur aucun fondement industriel". Les syndicats dénoncent aussi "l'absence de concertation" et réclament l'ouverture de "discussions garantissant un avenir à l'ensemble des sites et de ses salariés", sur la base d'une "stratégie industrielle forte et transparente" qui "réponde aux enjeux sociaux, sociétaux et environnementaux".

Le gouvernement a validé mardi un prêt garanti de 5 milliards d'euros pour aider le constructeur automobile à surmonter la crise. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est félicité d'avoir obtenu, en contrepartie, la préservation de l'emploi et des capacités industrielles sur le site de Maubeuge (Nord).

 

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