Pilule contraceptive masculine : le «oui mais» des femmes

Pilule contraceptive masculine : le «oui mais» des femmes
Pour une partie des femmes interrogées, la pilule représente une certaine liberté à laquelle elles ne veulent pas renoncer.

leparisien.fr, publié le vendredi 27 avril 2018 à 08h05

Des chercheurs américains pensent enfin avoir trouvé l'équivalent de la pilule contraceptive féminine. Une perspective qui ne réjouit pas toutes les femmes.

On estime qu'une femme qui prend la pilule toute sa vie ingère entre 6 000 et 7 000 comprimés. C'est sans compter les rendez-vous médicaux et la nécessité d'y penser chaque jour. On se dit ainsi, fort légitimement, que l'arrivée d'une pilule masculine participerait à faire de la contraception une affaire de couple.

Or, si les femmes applaudissent à la perspective de voir débouler une pilule pour homme dans un souci d'égalité, donner à son partenaire ce moyen d'éviter une grossesse non désirée, et donc de contrôler la fécondité de madame, c'est une autre affaire.

« C'est une liberté à laquelle je ne veux pas renoncer. On a eu assez de mal à l'obtenir, tranche Mathilde, une Parisienne de 32 ans. En cas de problème, d'oubli de pilule par exemple, c'est sur moi et sur mon corps que ça retomberait. C'est moi qui devrais en payer les conséquences. » Lena, une étudiante de 23 ans, bafouille : « M'en remettre à quelqu'un d'autre que moi sur ce point ? Non, je n'aurais pas confiance. L'usage du préservatif, c'est facile à surveiller mais la pilule... »

« Une grossesse non désirée est l'affaire de deux personnes »

« Si mon couple est solide, pourquoi pas ?, tempère son amie du même âge, Sihame. La pilule seule est forcément un contraceptif fait pour un couple établi puisqu'elle ne protège pas des maladies sexuellement transmissibles. Il faut être cohérente : on ne peut pas réclamer l'égalité, dire Ras le bol de gérer la contraception et, lorsqu'une nouvelle solution apparaît, mettre le pied sur le frein et lâcher : Super, mais pas pour moi. Une grossesse non désirée, c'est l'affaire de deux personnes. »

On les laisse en plein débat sur « la responsabilisation des hommes ». Plus loin, Christelle, 36 ans, évoque ces femmes qui ne supportent pas la pilule et peinent à trouver d'autres moyens de contraception. « J'en connais plusieurs. Mais, du côté des hommes, à part le préservatif ou la radicale vasectomie, il faut qu'ils soient sacrément motivés pour suivre une contraception vue ce qui existe aujourd'hui. Une pilule masculine pourrait être une issue pour pas mal de couples. »

Et pour le sien ? « Oui, enfin... C'est déjà moi qui lui rappelle de prendre ses comprimés pour l'hypertension, alors... »

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