Pierre Laurent aux socialistes : "Hollande ne peut pas être votre candidat en 2017"

Pierre Laurent aux socialistes : "Hollande ne peut pas être votre candidat en 2017"
"La France doit changer de majorité politique, nous voulons des députés qui rendent des comptes au peuple", a affirmé Pierre Laurent ce dimanche 5 juin (photo d'Archives).

publié le dimanche 05 juin 2016 à 14h23

- Le secrétaire national du parti communiste français (PCF) Pierre Laurent, reconduit ce dimanche à son poste par le Congrès (81% des voix), a lancé un appel aux "électeurs socialistes" : "Hollande ne peut pas être votre candidat" en 2017. Dans la salle dimanche, les socialistes Marie-Noëlle Lienemann, Benoît Hamon et Christian Paul avaient fait le déplacement.

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Le 37e Congrès du Parti communiste s'est clôturé ce dimanche Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). Les quelque 750 délégués présents ont adopté à la mi-journée la stratégie souhaitée par la direction du PCF pour les échéances électorales de 2017, intitulée "pour la France, un projet politique de gauche porté par un front populaire et citoyen". Mais le débat sur les ambitions et méthodes que doivent adopter le parti pour 2017, a été vif au cours de ces quatre jours de Congrès.

La question du lien à maintenir, ou non, avec une partie du parti socialiste, celle qui a voté la motion de censure de gauche à l'Assemblée nationale contre la loi El-Khomri, a notamment été soulevée à de multiples reprises. "Je lance à nouveau un appel à toutes les femmes et les hommes de gauche de ce pays, à tous les électeurs socialistes, à tous les socialistes, je leur dis : 'rendez-vous à l'évidence, François Hollande ne peut pas être votre candidat, il ne peut plus être le nôtre, il ne peut plus être en 2017 le candidat qui fait gagner la gauche", a déclaré Pierre Laurent ce dimanche en clôture, qualifiant le congrès de "clair et offensif".


"UN COMMUNISME D'UNE INCROYABLE MODERNITÉ"

A propos de sa volonté de rassemblement des forces de gauche autour d'un "pacte d'engagements communs" sanctionné par une "votation citoyenne et nationale", il a ironisé : "J'entends tous les sceptiques me dire: 'mais c'est trop tard, ton idée est bonne mais on n'y arrivera pas'". Il a évoqué "la multiplication potentielle des candidatures à la présidentielle", citant les noms d'Arnaud Montebourg mais surtout de Jean-Luc Mélenchon, qui est parti en campagne sans l'aval du PCF, provoquant des huées dans l'assemblée. La possibilité de finalement soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle est souhaitée par une partie des communistes mais pas par la direction du parti.

Vantant un "communisme d'une incroyable modernité", Pierre a estimé que le PCF avait "la responsabilité de tenir la gauche et l'espoir debout, quand tant de voix faiblissent, trahissent, renoncent, entonnent le refrain de la résignation". Signe d'une évolution du parti, Pierre Laurent est parvenu lors de son discours à faire applaudir le pape François, citant une de ses déclarations : "un État doit être laïque, les États confessionnels finissent mal".

"C'est 'the place to be'", a ironisé le chef des députés PS frondeurs, Christian Paul, présent dans la salle aux côté de Marie-Noëlle Lienemann et de l'ancien ministre Benoît Hamon. "Nous ne sommes pas venus pour acter un divorce avec le PS ni acter un divorce avec Jean-Luc Mélenchon", a ajouté le député frondeurs. Rappelant qu'il défendait toujours une primaire des gauches et écologique "la plus large possible", Christian Paul a ajouté : "on préfère la gauche ensemble que la gauche en miettes". Cécile Duflot et Jean-Luc Mélenchon étaient passés au Congrès dans la semaine.

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