Photographe agressé à Reims : un homme placé en garde à vue, 80 CRS déployés en renfort

Photographe agressé à Reims : un homme placé en garde à vue, 80 CRS déployés en renfort
Le quartier de la Croix-Rouge à Reims, le 1er mars 2021.

, publié le mardi 02 mars 2021 à 09h05

Le photographe a été agressé samedi alors qu'il couvrait des regroupements de jeunes dans un quartier sensible de Reims. Son pronostic vital est toujours engagé.

Après l'agression samedi d'un photographe du quotidien L'Union dans le quartier sensible de Croix-Rouge à Reims, un homme a été placé en garde à vue lundi 1er mars. "Un individu, majeur, a été interpellé ce jour en fin d'après-midi par les services de police du commissariat de Reims et placé en garde à vue pour tentative de meurtre aggravé", a indiqué dans un communiqué le procureur de la République à Reims, Matthieu Bourrette.

80 CRS vont être déployés en renfort pour sécuriser le quartier, à partir de mardi et pour au moins la semaine.



Plus tôt dans la journée, la police avait lancé un appel à témoins pour tenter de faire la lumière sur les événements qui ont conduit ce photographe de 65 ans, Christian Lantenois, en réanimation au CHU de Reims. Selon l'un des rédacteurs en chef du journal régional, Sébastien Lacroix, son pronostic vital restait engagé.

Le photographe a été agressé alors qu'il couvrait des regroupements de jeunes dans le quartier prioritaire de Croix-Rouge. Christian Lantenois, qui s'était spontanément rendu sur les lieux pour accompagner une consœur, alertée d'une possible rixe, était resté en retrait de sa collègue, dans sa voiture, floquée du logo du journal, selon la rédaction. Il a été retrouvé vers 15h30 près du véhicule, en marge des attroupements, "au sol" et saignant "au niveau des oreilles", selon le préfet de la Marne Pierre N'Gahane. Après l'agression, "les jeunes se sont rapidement dispersés, il n'y a pas eu d'autre incident" et le quartier, de quelque 28.000 habitants, "reste depuis très calme", avait-il assuré dimanche. 

La direction du journal a déposé plainte lundi "pour tentative de meurtre et atteinte à la liberté de la presse", a indiqué Sébastien Lacroix. "Il paraît clair que c'était le journaliste qui était visé : il a été identifié facilement parce qu'il sortait d'une voiture floquée du nom du journal et portait un appareil photo", a-t-il estimé. 

La prise à partie de ce journaliste a suscité des réactions indignées jusqu'au sommet de l'État, Emmanuel Macron exprimant le souhait que les auteurs de l'agression soient "interpellés au plus vite". Sébastien Lacroix a fait état auprès de l'AFP d'un "afflux énorme de messages de soutien" au journal. Des séances "où chacun a pu s'exprimer" ont été organisées au sein du quotidien régional, certains journalistes exprimant leur inquiétude face à une violence à leur encontre, plus souvent verbale que physique, "qui va croissant", a-t-il rapporté.
 

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