"Personne ne veut de Moderna" : le rappel vaccinal face à la défiance des Français

"Personne ne veut de Moderna" : le rappel vaccinal face à la défiance des Français
"Il y aura suffisamment de doses si on utilise les deux vaccins", a mis en garde le Conseil scientifique.

publié le vendredi 10 décembre 2021 à 12h09

"Il faut une campagne nationale pour expliquer clairement que, Pfizer et Moderna, c'est la même chose", demande un responsable de centre de vaccination.

Olivier Véran a fixé l'objectif vendredi 10 décembre : 20 millions de rappel vaccinal contre le covid-19 effectués avant Noël. Et alors que le gouvernement accélère sur l'ouverture de créneaux pour les rendez-vous, la question de la disponibilité des vaccins se pose.

Il n'y aura pas de pénurie, ont déjà promis les pouvoirs publics... À condition d'utiliser tous les vaccins, tempère le Conseil scientifique, alors que le sérum de Moderna semble ne pas faire l'unanimité chez les Français.

"Je souhaite que nous soyons 20 millions de Français éligibles au rappel ayant eu le rappel d'ici Noël. La dynamique vaccinale actuelle nous permet de l'espérer", a déclaré le ministre de la Santé lors d'un déplacement à Lille. Un tel objectif, qui constituerait selon lui "un véritable exploit", impliquerait de continuer à "être à 500, 600, 700.000 vaccinations de rappel par jour". Quelque 710.000 Français ont reçu jeudi une dose de rappel, a-t-il souligné, ce qui porte à 12,5 millions le nombre de personnes ayant reçu cette dose dans le pays. Parmi eux, près de 90% des plus de 65 ans éligibles sont à jour de rappel.

"Il y aura suffisamment de doses si on utilise les deux vaccins", a estimé mercredi Jean-François Delfraissy lors d'une audition au Sénat. "Si on n'utilise que Pfizer, on n'aura pas suffisamment de doses car les commandes sont parties", a mis en garde le président du Conseil scientifique, chargé d'aider le gouvernement français face à la crise sanitaire. 


"Il n'y pas de craintes à avoir vis-à-vis du Moderna", a-t-il martelé, alors que de nombreux Français semblent plébisciter le vaccin Pfizer. Les deux vaccins ont la même efficacité, celle du Moderna étant peut-être "légèrement meilleure" en dose de rappel, a assuré le Pr Delfraissy.

Mais dans les centres de vaccination, la situation peut être compliquée. "Le problème c'est que personne ne veut de Moderna", se désolé, dans les colonnes du Monde, le médecin référent du centre de vaccination de la mairie de Montreuil, Pierre-Étienne Manuellan. "Il faut une campagne nationale pour expliquer clairement que, Pfizer et Moderna, c'est la même chose, c'est comme le Dafalgan et l'Efferalgan, seul l'emballage change", estime-t-il.

Pourtant, face aux aléas de livraisons, les patients en attente de vaccination refusent bien souvent de recevoir une dose de Moderna, s'ils avaient pris rendez-vous pour du Pfizer. "On leur propose le vaccin Moderna, on ne les oblige pas, explique à franceinfo un responsable de centre de vaccination parisien, Marc Jacono. Les gens ont pris rendez-vous pour du Pfizer donc on leur propose du Moderna à la place, ils ont le droit de refuser. Le but des soignants est de leur expliquer que ce sont des vaccins qui sont très similaires." Dans ce centre, un tiers des patients acceptent d'abandonner Pfizer pour recevoir le sérum Moderna à la place.

Pour le moment, ces réticences ne posent pas de problème. "Pour le moment, on a 50% de Pfizer, 50% de Moderna, selon Marc Jacono. Mais on sait que vers le mois de janvier, on va se rapprocher vers 80% de Moderna et 20% de Pfizer."

Selon Le Monde, les stocks de Moderna sont déjà beaucoup plus importants que ceux de Pfizer, d'une part grâce au conditionnement et au fait que le rappel ne consomme qu'une demi-dose, mais également d'un taux d'utilisation inférieur à celui de Pfizer depuis plusieurs mois. Et les livraisons s'accélèrent : un million de doses en décembre, puis 2,4 millions par semaine en janvier, selon le ministère de la Santé.

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