Pédocriminalité dans l'Eglise : bientôt un "pavillon mémorial" à Lourdes ?

Pédocriminalité dans l'Eglise : bientôt un "pavillon mémorial" à Lourdes ?
Le sanctuaire de Lourdes, le 12 avril 2020.

, publié le lundi 22 février 2021 à 17h49

Une association de lutte contre la pédocriminalité dans l'Eglise plaide pour la création d'un "pavillon mémorial pour les victimes d'abus sexuels perpétrés dans l'Eglise".

Un mémorial en "signe de reconnaissance de la souffrance des victimes". Le collectif de victimes "Foi et Résilience" propose la création d'un "pavillon mémorial pour les victimes d'abus sexuels perpétrés dans l'Eglise".

Celui-ci pourrait être installé à Lourdes (Hautes-Pyrénées), a expliqué lundi 2 février à l'AFP Olivier Savignac, membre du collectif qui lutte contre la pédocriminalité dans l'Eglise Ce pavillon mémorial serait d'abord un "témoignage monumental" - une sculpture monumentale par exemple -, "signe de la reconnaissance de la souffrance des victimes" et pourrait être installé en périphérie du sanctuaire de Lourdes, a-t-il expliqué.

"Rendre visible la souffrance des victimes"

Il s'agit d'une proposition élaborée dans le cadre des échanges qui ont lieu depuis plus de deux ans entre ce collectif et la Conférence des évêques (CEF), au sein d'un groupe de travail sur les questions de mémoire, a précisé Olivier Savignac. Lors de ces travaux, plusieurs réflexions ont émergé, dont celles de "rendre visible la souffrance des victimes".

"Unique en son genre", ce pavillon aurait une dimension muséographique - avec des "récits de vie", déclinés sur différents "supports" ("audio vidéo, écrit"), comprendrait un centre de formation (pour religieux, religieuses, séminaristes, laïcs dans l'Eglise), un lieu de ressources à destination des chercheurs et scientifiques, ou encore un lieu de conférences. Il s'agira, entre autres, de "parvenir à un équilibre entre l'analyse historique des faits et la mémoire des souffrances vécues", selon ce projet.

Lourdes, haut lieu de l'Eglise catholique

"Lourdes demeure pour l'Eglise catholique et la société mondiale l'épicentre des pèlerinages mondiaux de croyants et de personnes malades. Le sanctuaire serait un lieu incontournable pour accueillir un tel projet à la mémoire des victimes vivantes et des victimes décédées", plaide le projet. Interrogée, la Conférence des évêques de France (CEF) a affirmé que "rien n'est acté sur le sujet" à ce stade.

Fin mars les évêques entendent se prononcer sur un éventuel dispositif de "reconnaissance de la souffrance vécue" par les victimes, qui pourrait comprendre plusieurs aspects. Ce dispositif, dont les options ne sont pas définies à ce stade, pourrait passer par des mesures sur le plan financier mais aussi des démarches en ce qui concerne la mémoire (monument, plaques), la prévention et enfin l'accompagnement des clercs coupables, quatre chantiers sur lequel travaillent les évêques depuis deux ans et demi.

La notion de responsabilité questionnée par les évêques

"La reconnaissance de la responsabilité est un véritable processus en soi, fondamental", affirme Olivier Savignac, dont le collectif Foi et Résilience participe aux échanges. "Il est temps qu'au niveau individuel et collectif, les évêques prennent la mesure de ce qui s'est passé", ajoute-t-il, insistant également sur l'importance de "la notion de mémoire, dans dans le processus de reconnaissance".



Jusqu'à mercredi, les évêques discutent du thème de "la responsabilité et ses implications pastorales", en écoutant experts et anciennes victimes avec lesquelles ils travaillent. A la CEF on admet qu'il y a "débat au sein de l'épiscopat" sur la notion de responsabilité et que "les évêques ont besoin de se mettre d'accord ou de marquer leurs différences".

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