Patrick Vieira regrette un "décalage" avec Le Graët sur le racisme

Patrick Vieira regrette un "décalage" avec Le Graët sur le racisme
Patrick Vieira, alors entraîneur de l'OGC Nice, en déplacement à Montpellier, le 12 septembre 2020

publié le vendredi 16 avril 2021 à 11h19

L'ancien capitaine des Bleus Patrick Vieira a regretté un "décalage" avec le président de la Fédération française de football Noël Le Graët sur la question du racisme, vendredi dans une interview au journal L'Equipe.

En septembre, le patron de la FFF, réélu en mars pour quatre ans, avait déclaré que le racisme dans le football "n'existe pas ou peu", s'attirant de nombreuses critiques.

"Je lui ai fait part de la manière dont j'avais ressenti ses propos", a raconté Vieira vendredi dans L'Equipe. "On n'est pas en phase, il y a un décalage (...) Les arguments qu'il a avancés ne sont pas valables pour moi", a développé l'ancien entraîneur de Nice, limogé début décembre.

"On ne peut pas faire avancer les choses quand on dit publiquement que le racisme n'existe pas", a martelé Vieira (44 ans), rendu inquiet par plusieurs incidents récents.

"Sur le racisme, ce qui me fait réfléchir le plus, dernièrement, c'est qu'on est passé de cris venant des tribunes à des agissements de joueurs, voire d'arbitres", alerte le natif de Dakar, qui appelle à des "sanctions dures".

Vieira s'est néanmoins réjoui que les joueurs aient décidé de quitter le terrain lors du match de Ligue des champions entre le PSG et le Basaksehir Istanbul, "un signal fort". 

Le 8 décembre, les joueurs des deux clubs avaient quitté la pelouse à la 13e minute de jeu après que l'entraîneur adjoint du club turc, Pierre Achille Webo, s'était indigné d'avoir été désigné comme "le noir" en roumain ("negru") par un des arbitres de la rencontre.

"Désormais, les gens qui subissent le racisme le dénoncent. C'est ça qui fera avancer les choses", espère le champion du monde 1998.

Mais "est-ce que la Fédération reflète la société dans laquelle on vit? Je ne suis pas sûr", conclut Vieira.

Plusieurs affaires de racisme ont entaché le football européen ces dernières semaines. Début avril, le Français Mouctar Diakhaby (Valence) a quitté le terrain après avoir subi selon lui des insultes racistes à Cadix. La Liga a affirmé qu'il avait "mal entendu".

Ondrej Kudela, un défenseur du Slavia Prague a de son côté écopé de dix matches de suspension pour avoir proféré des insultes racistes à l'encontre de Glen Kamara (Glasgow Rangers) le 18 mars en Ligue Europa. La présidence tchèque a dénoncé les "courbettes ridicules" de l'UEFA.

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