Passage à l'heure d'hiver : le changement d'heure fait de la résistance

Passage à l'heure d'hiver : le changement d'heure fait de la résistance
(illustration)

publié le jeudi 28 octobre 2021 à 11h30

La piste d'un abandon du changement d'heure est devenue un "serpent de mer" au sein de l'Union européenne, dont les Etats-membres butent toujours sur un hypothétique accord, relégué au second plan depuis la crise du Covid-19.

Malgré les projets de réforme, il est toujours là. Ce week-end de la Toussaint marque encore cette année le passage à l'heure d'hiver en France. Les horloges reculeront ainsi de 60 minutes dans la nuit de samedi à dimanche 31 octobre. S'il est synonyme "d'heure de sommeil en plus" dans les esprits, il demeure en sursis depuis plusieurs années en raison de la feuille de route de l'Union européenne, qui souhaite y mettre fin.


Au niveau européen, où le régime du changement d'heure a été harmonisé en 1980 (justifié à l'époque par des économies d'énergie, dont la réalité est discutée) la Commission européenne a proposé en septembre 2018 de le supprimer... en 2019. Mais finalement, le Parlement européen a voté en mars 2019 un report à 2021. Depuis, la crise du Covid-19 est passée par là, et le dossier a encore été reporté cette année.

La suppression du changement d'heure a été marquée dans les textes européens dans une directive qui laisse aux Etats membres le choix d'une heure saisonnière permanente. En France métropolitaine, la population s'est exprimée en faveur du maintien permanent de l'heure d'été (59%), selon une consultation organisée par l'Assemblée nationale.

Négociations au "point mort"

Un obstacle central demeure toutefois : l'harmonisation des horloges entre les Etats-membres. Sur ce point, qui constitue le noeud de problème, plusieurs Etats militent pour la suppression du passage à l'heure d'été, dont l'Allemagne, la Finlande ou l'Espagne.

Les disparités d'heures au sein de l'Union européenne, qui s'étend sur trois fuseaux horaires, pourraient en outre nuire à l'homogénéité au sein du bloc continental. "Il y a beaucoup de réticences en termes d'intégrité du marché public, notamment pour les entreprises transnationales", indique t-on ainsi du côté de la Commission européenne, citée par Le Figaro.

La directive européenne, ratifiée en mars 2019 par le Parlement, doit encore l'être par le Conseil européen, rassemblant les représentants des Etats-membres. Depuis la crise sanitaire, la question a reculé dans l'ordre des priorités, à l'heure où chaque Etat concentre ses efforts sur la sortie de l'ère Covid. "La crise a fait reculer ce sujet dans l'agenda européen", a ainsi confirmé l'eurodéputée Karima Delli, qui porte la réforme à Bruxelles, estimant que les négociations sont au "point mort".

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