Passage à 30 km/h : une meilleure qualité de l'air n'est pas garantie

Passage à 30 km/h : une meilleure qualité de l'air n'est pas garantie©Pixabay
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publié le dimanche 29 août 2021 à 11h30

Lundi 30 août, la quasi-totalité des rues de Paris passera à la vitesse maximale de 30 km/h. La municipalité veut lutter contre la pollution principalement, mais la mesure serait peu efficace, selon plusieurs scientifiques interrogés par L'Express.

La rentrée s'annonce difficile pour les automobilistes parisiens.

Interdiction d'être pressé désormais dans la capitale. À l'exception du périphérique (70 km/h) et de certains grands axes comme les boulevards des Maréchaux, des portions des quais de Seine, des bois de Boulogne et de Vincennes ou des Champs-Elysées (50 km/h), toutes les rues de Paris seront limitées à 30 km/h dès lundi.

La mesure voulue par la maire socialiste Anne Hidalgo et ses alliés écologistes, mais qui déplaît aux usagers de la route, a plusieurs objectifs : réductions du bruit, des accidents, du nombre de voitures et principalement l'amélioration de la pollution de l'air.



Pourtant, l'effet sur la qualité de l'air n'est pas certain, ou en tout cas, pas immédiatement. "Un moteur thermique fonctionne de façon optimale entre 50 et 80 km/h, souligne dans L'Express Jean-Baptiste Renard, chercheur au CNRS. En deçà, il est en sous-régime, et va donc polluer davantage." Toutefois, il positive : "La baisse de la vitesse entraîne aussi mécaniquement une chute du trafic, donc une fluidification, c'est-à-dire une diminution des accélérations et des freinages et une conduite plus constante signifie une consommation de carburant moindre et de plus faibles émissions de gaz." Pour Anne Kauffmann, directrice des études et de la prospective d'Airparif, "cette mesure précise a des conséquences positives si elle a un impact sur les baisses de trafic, mais elles sont visibles sur le long terme".

Grenoble dès 2016

L'expérience de la limitation à 30 km/h la plus ancienne date de 2016 à Grenoble (Isère). Le bilan est positif sur plusieurs points entre 2016 et 2019 : "Nous avons observé une diminution de la vitesse moyenne (de 5 km/h), mais aussi une baisse du nombre d'accidents et de leur gravité", assure au magazine Benoît Hiron, chef du groupe sécurité des usagers et déplacements du Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement (Cerema), qui ne se prononce pas sur la qualité de l'air.

En effet, les chances de survie d'un piéton sont six fois moins élevées s'il est percuté à 50 km/h plutôt qu'à 30. Enfin, rouler à 30 km/h est bon pour les oreilles : les nuisances sonores diminuent de 3,4 décibels à 1,4.

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