Pass sanitaire : femmes enceintes, collégiens de moins de 12 ans... En ont-ils besoin ?

Pass sanitaire : femmes enceintes, collégiens de moins de 12 ans... En ont-ils besoin ?©Pascal GUYOT / AFP

publié le dimanche 01 août 2021 à 15h00

L'extension du pass sanitaire aux activités du quotidien pose question certaines catégories de population, qui ne peuvent pas se faire vacciner. Ces Français devront donc multiplier les tests pour accéder aux lieux culturels, de loisirs, aux transports ou aux établissements de santé. 

1.

Les femmes enceintes dans leur premier trimestre

Depuis le 21 juillet, le ministère de la Santé préconise une vaccination dès le premier trimestre pour les femmes enceintes, jusque là uniquement recommandée à partir du deuxième. En raison de la ruée sur la vaccination depuis les annonces sur le pass sanitaire, beaucoup n'arrivent pas à dénicher de rendez-vous avant fin août et ne seront donc pas protégées avant fin septembre. Pour obtenir le QR code "vaccination covid", il faut en effet attendre une semaine après la deuxième dose (quatre semaines avec le vaccin Janssen, unidose). 




Laura, 33 ans, enceinte de neuf semaines, n'a pas réussi à avoir un rendez-vous avant la fin août. Cette habitante de Bordeaux souhaite que gouvernement reporte à fin septembre l'application du pass sanitaire pour les femmes dans sa situation, comme il l'a fait pour les 12/17 ans non encore vaccinés. Elle estime "discriminant" de devoir effectuer des tests "tous les deux jours" pour accéder aux lieux de culture ou loisirs. 

Quid aussi des rendez-vous de contrôles dans des établissements de soins où le fameux sésame sera obligatoire ? Le Collège des gynécologues a demandé, le 21 juillet, que "la prise en charge des grossesses puisse se poursuivre dans les conditions habituellement requises". "Le pass sanitaire ne s'applique pas aux patientes. Toutes peuvent donc consulter, en urgence ou non, sans contrôle du pass sanitaire", indique le Collège, demandant aussi une exemption pour le co-parent, tout en encourageant les couples à se vacciner au plus vite. 

2. Les collégiens qui ont moins de 12 ans

Alain Fischer, le "Monsieur vaccin" qui conseille le gouvernement, a exclu cette semaine toute vaccination anticipée pour ces ados. Collégiens pour la plupart, ils auront besoin d'être vaccinés à la rentrée pour échapper à l'enseignement à distance s'ils ont un cas contact dans leur classe. "La logique est d'attendre les 12 ans puisque la vaccination est validée à partir de l'âge de 12 ans", a indiqué l'immunologue, assurant qu'"il y aura évidemment des aménagements nécessaires du pass sanitaire, pas d'inquiétude là-dessus". 

3. Les expatriés vaccinés en dehors de l'UE

Les expatriés vaccinés hors de l'Union européenne ont du mal à faire reconnaître leurs injections, même lorsqu'il s'agit de vaccins homologués en Europe. "Les conditions d'acceptation de justificatifs de vaccination établis par des organismes étrangers" seront définies dans un décret d'application spécifique, selon le projet de loi. Selon un communiqué de l'Union des pharmaciens USPO, "une procédure permettant de générer un certificat pour les Français vaccinés à l'étranger avec des vaccins reconnus par l'UE (et pour les étrangers vaccinés) devrait être opérationnelle au début du mois d'août" dans les consulats.

Pour les personnes souffrant de maladies rares qui rendent impossible une piqûre, ou d'allergies aux composants des vaccins, "un décret détermine(ra) les cas de contre-indication médicale faisant obstacle à la vaccination", selon le projet de loi.

4. Le cas des vaccinés avant mai et des "covidés"

Des témoignages évoquent des personnes vaccinées très tôt qui ne parviennent pas à obtenir auprès de l'assurance maladie le précieux QR code. Il n'existe en format papier que depuis le 3 mai et le téléservice de l'assurance maladie pour générer l'attestation certifiée n'est accessible que depuis le 27 mai. L'assurance maladie précise que les personnes vaccinées avant ces dates peuvent récupérer leur attestation auprès de leur médecin traitant, une sage-femme, une infirmière ou de leur pharmacie.

Autre cas particulier : les personnes ayant eu le Covid il y a moins de six mois. Elles peuvent obtenir un "certificat de rétablissement" (test PCR positif d'au moins 11 jours et de moins de six mois) qui génère un QR code spécifique. Mais ce précieux sésame n'est entré en vigueur que le 3 mai, ce qui implique que les personnes tombées malades auparavant en sont parfois dépourvues. 

Pour les "covidés" d'il y a plus de trois mois, s'ils n'ont pas gardé leur test PCR positif, la situation est encore plus compliquée car la plateforme gouvernementale Sidep.gouv.fr (mise en place le 19 avril) conserve les tests au maximum pendant 90 jours. 

Une session de rattrapage a été organisée récemment pour les personnes testées positives entre le 28 mars et le 19 avril : elles ont reçu un SMS ou mail de Sidep pour récupérer leur certificat de rétablissement, mais certaines n'ont pas pensé à cliquer dessus. Dans ce cas, elles peuvent tenter de récupérer le test auprès du laboratoire. A défaut, les ex-malades du Covid dépourvus de pass peuvent se faire vacciner avec une dose - si au moins trois mois ont passé depuis l'infection - ou se soumettre à des tests PCR réguliers. 

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