Pass sanitaire à l'hôpital : "Cela pose un vrai problème", estime l'infectiologue Karine Lacombe

Pass sanitaire à l'hôpital : "Cela pose un vrai problème", estime l'infectiologue Karine Lacombe
La cheffe du service des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Antoine (AP-HP) Karine Lacombe le 10 novembre 2020.

publié le jeudi 05 août 2021 à 13h26

La cheffe du service des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Antoine (AP-HP) s'oppose à l'instauration du pass sanitaire à l'hôpital, qui "s'apparenterait à un refus de soins", selon elle.

Le Conseil constitutionnel doit rendre jeudi en fin d'après-midi son avis, très attendu, sur le projet de loi voté le 25 juillet par le Parlement et qui prévoit notamment l'obligation vaccinale de certains professionnels et l'extension du pass sanitaire aux cafés-restaurants, avions, trains mais aussi aux hôpitaux. Un dernier point contesté par de nombreux médecins, à commencer par Karine Lacombe, pour qui cela "pose un vrai problème".


 
"Nous, soignants, sommes évidemment opposés que l'accès aux soins soit conditionné au pass sanitaire, que l'accès aux soins se fasse en urgence ou pas", a déclaré jeudi matin sur France Inter la cheffe de service hospitalier des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Antoine à Paris (AP-HP), convaincue que "ça ne peut pas être accepté par le Conseil constitutionnel". "On ne peut pas demander le pass sanitaire aux malades qui se soignent pour maladie chronique", a-t-elle cité en exemple.

Cela "s'apparenterait à un refus de soins", estime-t-elle, rappelant que cet accès "doit être égal pour tous", vaccinés ou non. 

Interrogée sur l'opportunité de rendre la vaccination obligatoire pour tous, la Pr Lacombe a jugé que celle-ci "doit se discuter si jamais, malgré le pass sanitaire, on n'arrive pas à contenir l'épidémie". "C'est vrai que passer par une obligation vaccinale pourrait permettre de résoudre le problème", néanmoins, "le problème d'une obligation vaccinale, c'est son application. Comment contrôler l'obligation vaccinale?", a-t-elle interrogé.



Elle a observé que les vaccins obligatoires en France "sont des vaccins administrés pendant l'enfance, on a un moyen facile de contrôler car ils permettent d'aller à l'école". "Quand on est adulte, c'est beaucoup plus difficile de contrôler une obligation vaccinale généralisée", a-t-elle remarqué.
 

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