France

Paris : un professeur brûle des copies du bac pour condamner l’Éducation nationale

© Capture d'écran - Le Parisien - Après avoir tenté d'aider ses élèves à tricher, un enseignant du lycée professionnel Maria Deraismes, dans le XVIIe arrondissement de Paris, a décidé de brûler les copies du bac d'anglais.

Un enseignant contractuel du lycée professionnel Maria Deraismes, dans le XVIIe arrondissement de Paris, a brûlé 63 copies du bac de ses élèves. Il se dit inquiet du mauvais niveau des élèves, et rejette la faute sur l’Éducation nationale.

Alors que sonnait la rentrée des classes après les vacances de Pâques, Victor Immordino, un professeur du lycée professionnel Maria Deraismes, dans le XVIIe arrondissement de Paris, se livrait à un autodafé un peu particulier. L’enseignant contractuel jetait au feu des copies du bac d'anglais, les jugeant mauvaises, et condamnant les méthodes de l’Éducation nationale, fait savoir Le Parisien.

“Aucun (de mes élèves) ne sait parler anglais. C’est donc que les cours qu’ils ont suivis durant les sept dernières années sont un échec, a dénoncé l’enseignant auprès du Parisien. Le manque de détermination et de sérieux des élèves dans leur apprentissage pourrait être un argument valable s’il ne s’agissait pas de la totalité des élèves.”

Avant de brûler les copies, l’enseignant avait choisi une méthode peu conventionnelle pour préparer le bac avec ses élèves : la triche. Pour Victor Immordino, qui se sentait “en partie responsable de cet échec”, cette fraude aurait aidé ses élèves à obtenir le bac et “tenter leur chance au-delà du secondaire avec ce sésame entre les mains plutôt que rien”.

Une réforme du lycée professionnelle jugée “terrible”

Mais l’information a fuité et le sujet a été changé à la dernière minute. Résultat : la majorité des 63 copies qu’il a corrigées était catastrophique. "Ce qui me motive à alerter sur l’urgence à changer radicalement de façon de faire", a poursuivi Victor Immordino devant les journalistes du Parisien, brûlant les copies dans une corbeille en métal.

“Ce geste s’inscrit dans un contexte. Il faut voir la réforme du lycée professionnel envisagée par le ministre de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye... C’est terrible”, s'est énervé Éric Cavaterra du SNUEP-FSU Paris, syndicat des enseignants de lycée professionnel, auprès du Parisien.

Les services de l’Éducation nationale ont annoncé que des dispositions avaient été prises pour que les élèves ne soient pas pénalisés. Selon eux, le contrat de Victor Immordino “touche à sa fin et ne sera pas renouvelé”. Le rectorat précise qu’“une plainte sera déposée”.

publié le 10 mai à 16h17, Orange avec 6Medias

Liens commerciaux