Paris : un étudiant brillant arrêté par la DGSI pour des soupçons de dérive djihadiste

Paris : un étudiant brillant arrêté par la DGSI pour des soupçons de dérive djihadiste©Panoramic (photo d'illustration)

publié le lundi 08 novembre 2021 à 11h10

Lundi 8 novembre, Le Parisien relate le parcours d'un étudiant surdoué, âgé de 17 ans, en prépa HEC après avoir obtenu son bac avec deux ans d'avance. Ce dernier s'est radicalisé et prévoyait de rejoindre un groupe djihadiste en Syrie.

Son cas ne s'apparente pas vraiment au profil type des jeunes Français radicalisés.

Pourtant, Y., du nom donné par Le Parisien qui raconte son histoire, souhaitait bel et bien rejoindre la Syrie pour intégrer un groupe djihadiste. Mais il a été interpellé le 12 juillet dernier par la DGSI, et mis en examen pour "association de malfaiteurs terroristes". À 17 ans, celui-ci est un élève brillant. Il a obtenu son bac avec deux ans d'avance et a excellé en classe préparatoire d'HEC, qu'il venait d'achever dans un lycée parisien de renom. Il vivait d'ailleurs dans le cossu VIe arrondissement de la capitale, dans un studio appartenant à sa grand-mère. En froid avec son père, rejetant son beau-père, sa situation personnelle est plus complexe que son cursus scolaire.



Une situation familiale plus que chaotique

Son père, japonais, l'accuse de se détourner de la culture de son pays. Y. s'est converti à l'islam à l'âge de 13 ans et dans la religion, il retrouve du réconfort. À l'école, les autres élèves se moquent de lui, le harcèlent. Les positions radicales de son père contre les musulmans exacerbent son mal-être. Petit à petit, sa radicalisation se fait. Il apprend l'arabe et étudie très sérieusement l'islam, décrit Le Parisien. Progressivement, ses codes évoluent. Il use de surnoms tels que "Abou Layla el Yabani", passe par des messageries sécurisées, scrute les réseaux sociaux et contacte des djihadistes. Le quotidien évoque un rejet "des femmes" et du "système bancaire".

Alors qu'il vise une prestigieuse école de commerce de Paris et est destiné à un avenir radieux, il pense plutôt au Pakistan ou à l'Afghanistan pour un voyage d'étude. Il se rapproche de la mouvance d'Omar Diaby, aussi connu sous le nom d'Omar Omsen, djihadiste franco-sénégalais originaire de Nice, présent en Syrie. Ce dernier dirige un groupe djihadiste, "La Brigade des étrangers". Il échange également avec son fils, Bilel. Le projet est alors clair : rejoindre la Syrie et ce groupe pour mettre ses compétences, autant intellectuelles que financières, au service de l'organisation. "J'aurais fait ce qu'ils m'auraient dit de faire : gérer l'équilibre financier du groupe, comment gagner de l'argent, éventuellement des cryptomonnaies", a-t-il expliqué en garde à vue, comme le relaie Le Parisien.

Un parcours et un calendrier incertain pour rejoindre la Syrie

Une autre rencontre a été cruciale pour le jeune Y. dans cette nouvelle route spirituelle. Celle de Sarah, qui s'appelle en réalité Leila B. 18 ans, qui habite à Béziers, dans l'Hérault. Il veut se marier avec elle et partir en Afghanistan, en Turquie, en Malaisie ou dans les Maldives narre Le Parisien. Il lui envoie un livre sur les explosifs, elle raconte sa fascination pour le 11 septembre ou la mort de Samuel Paty. Cette dernière, disposant de matériel explosif, est finalement arrêtée et c'est à ce moment-là que l'attention des services de renseignement va se tourner vers l'adolescent. Le flou subsiste encore sur le procédé et le calendrier exact de sa tentative de voyage vers la Syrie. Les enquêteurs imaginent un scénario possible : la Corrèze, où sa grand-mère habite, puis l'Espagne, le Maroc et enfin la Syrie.

La perquisition à son domicile a permis de retrouver une autorisation de sortie du territoire valable jusqu'à fin juillet et plus de 4 000 euros en liquide. En garde à vue, il a reconnu sa volonté de partir et de se battre contre Bachar al-Assad notamment. "Si je vois mes frères et sœurs se faire tuer, violer, je ne vais pas rester sur mon canapé à manger des chips. C'est une obligation en tant que musulman d'aller combattre. Je ne comprends pas pourquoi on appelle ça du terrorisme. Il y a quoi de mal à vouloir aider un peuple qui se fait massacrer ?", s'est justifié Y., comme le précise Le Parisien. Pour son avocat, Me Romain Boulet, il n'a "jamais manifesté l'intention de commettre le moindre acte violent en France" et a "systématiquement découragé ses interlocuteurs de se livrer à de tels actes."

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