Paris, Rennes, Lille...Des milliers de manifestants contre la loi "sécurité globale"

Paris, Rennes, Lille...Des milliers de manifestants contre la loi "sécurité globale"
Des manifestants sur le Trocadéro le 21 novembre 2020.

, publié le samedi 21 novembre 2020 à 16h51

Une vingtaine de manifestations étaient prévues en France en début d'après-midi.


Les manifestants se réunissaient à l'appel des syndicats de journalistes pour protester contre le texte pénalisant la diffusion malveillante d'images des forces de l'ordre.


Sur la place du Trocadéro, en début d'après-midi, ils étaient déjà nombreux, dont nombre de 'gilets jaunes', au milieu de drapeaux du PCF, d'EELV, de FO, du NPA, et d'une banderole d'"Extinction rébellion" et d'une autre de Médiapart: "La démocratie meurt dans l'obscurité".

"Darmacron nous insécurisent", peut-on lire sur une pancarte. Parmi les slogans repris en boucle : "Tout le monde veut filmer la police " et "la rue elle est à nous."

L'Assemblée nationale a voté vendredi soir, après l'avoir amendée, la mesure la plus controversée de la proposition de loi "sécurité globale": l'article 24 pénalisant la diffusion malveillante d'images des forces de l'ordre, tout en l'assortissant de garanties sur le "droit d'informer".

Cet article, mais aussi la possible utilisation de drones lors des manifestations et la crainte de la reconnaissance faciale par les caméras de surveillance, ont suscisté une intense émotion dans les médias, qui y voient un risque d'entrave à la liberté d'informer.

A Lille, un millier de manifestants a protesté plus tôt derrière des pancartes "Même pas drone", "Orwell was right", "floutage de gueule".

Un autre millier à Rennes, idem à Montpellier. Parmi les slogans : "baissez vos armes, nous baisserons nos téléphones".


Une conférence de presse a été organisée parallèlement au siège de la Ligue des droits de l'Homme à Paris, en présence d'Amnesty International, de représentants des syndicats de journalistes et d'un responsable d'un syndicat de policiers minoritaire, la CGT-Intérieur.

"Nous sommes inquiets de la lente déliquescence de l'Etat de droit, qui semble mener à un Etat de police", a déclaré Arie Alimi, membre du bureau national de la Ligue des droits de l'Homme.

Dans le Figaro, Sylvain Maillard, député LREM de Paris, a tenté de désamorcer la colère: le texte "n'est pas bien compris. Evidemment qu'on pourra continuer à filmer n'importe qui et bien sûr les forces de l'ordre."

Les syndicats de journalistes jugent qu'il n'y a pas besoin d'une nouvelle loi "pour faire peur", alors que le code pénal et la loi sur la liberté de la presse de 1881 punissent déjà l'incitation à la haine.

L'article litigieux pénalise d'un an de prison et 45.000 euros d'amende la diffusion de "l'image du visage ou tout autre élément d'identification" des forces de l'ordre en intervention quand elle porte "atteinte" à leur "intégrité physique ou psychique". Dans le viseur du gouvernement, les campagnes sur les réseaux sociaux

Cet article 24, qui a été salué par la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, comme "allant dans le bons sens", spécifie que la mesure ne peut porter "préjudice au droit d'informer".

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