Paris reconfinée ? L'opposition à Anne Hidalgo s'indigne, Jean Castex réagit

Paris reconfinée ? L'opposition à Anne Hidalgo s'indigne, Jean Castex réagit©Panoramic

, publié le vendredi 26 février 2021 à 17h00

Jeudi 25 février, le premier adjoint à la mairie de Paris a indiqué sur franceinfo que la ville allait proposer un confinement de la capitale pendant trois semaines. Depuis, les réactions les plus hostiles à cette proposition se multiplient, dont celle de Jean Castex en déplacement à Nantes, rapporte le Parisien.

La déclaration d'Emmanuel Grégoire sur franceinfo n'en finit plus de faire réagir. Jeudi 25 février, dans la foulée de la prise de parole de Jean Castex, le premier adjoint à la mairie de Paris a indiqué que la ville - qui fait partie des 20 départements placés sous surveillance renforcée - allait proposer un confinement de ses habitants pour trois semaines.

Cette annonce a immédiatement provoqué un tollé dans l'opposition mais aussi du côté du gouvernement. Dans l'après-midi du 26 février, le Premier ministre qui a réagi, relate Le Parisien. En déplacement dans un hôpital de Nantes, Jean Castex a dénoncé "des fadaises". "Il ne faut jamais raconter des fadaises", a-t-il martelé plusieurs fois. "Vous avez entendu la mairie de Paris dire qu'il faut confiner trois semaines et puis c'est fini. Mais vous savez très bien qu'avec les variants, ce n'est pas possible", s'est exprimé Jean Castex, se faisant l'écho de Gabriel Attal, déjà monté au créneau plus tôt dans la journée. 


Le porte-parole du gouvernement réagit à la proposition

Vendredi, l'exécutif a également réagi. "Si on est rentré dans ce cadre de discussions avec les élus, c'est pour qu'ils fassent des propositions, donc la proposition de la mairie de Paris sera évidemment étudiée", a assuré Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, sur France Inter. Tout en émettant quelques réserves : "J'entends très peu, voire aucun scientifique qui disent qu'en trois semaines on peut terrasser le virus et tout rouvrir comme l'ont dit les adjoints d'Anne Hidalgo", a-t-il tempéré. "Les mesures, il faut qu'elles aient un sens au niveau territorial et quand on réfléchit sur Paris, il faut réfléchir sur la région Île-de-France" car "il n'y a pas de no man's land derrière le Périphérique." 

Dans les rangs de l'opposition, Rachida Dati (LR), adversaire d'Anne Hidalgo lors des dernières élections, a fait part de toute son indignation dans un communiqué. "Cette proposition traduit un véritable mépris des Parisiens et de leurs souffrances quotidiennes", écrit l'élue. "Cette méthode du fait accompli est inacceptable."


Les Républicains vent debout contre la mairie de Paris

"Il aurait fallu qu'on soit prévenu un peu avant", a de son côté déploré Philippe Goujon, maire Les Républicains du 15e arrondissement, sur BFMTV. "Il n'y a eu aucune discussion, aucune concertation", a-t-il ajouté, estimant qu'il s'agit "d'un coup politique d'Anne Hidalgo. Sur BFM TV, le maire (LR) du 17e arrondissement, Geoffroy Boulard, s'est dit "très étonné et très stupéfait", estimant que "trois semaines, ce n'est pas rien".

De son côté, Valérie Pécresse, présidente (LR) de la région Ile-de-France, ne pense pas que prendre une telle mesure seulement pour la ville de Paris pourrait être efficace. "J'ai toujours défendu une vision régionale pour être efficace. Un confinement au niveau départemental est illusoire, car des millions de Franciliens se déplacent chaque jour entre les départements."



La proposition de la majorité municipale fait aussi grincer des dents du côté des commerçants. Comme le rapporte Europe 1, Francis Palombi, président de la Confédération des commerçants de France, a assuré être "effaré" par le souhait de la mairie de Paris. "C'est une ineptie, il y a déjà le couvre-feu, de nombreuses mesures ont été mises en place. Qu'il y ait certaines mesures complémentaires, je peux l'admettre, mais le confinement total à Paris, on ne peut pas tolérer. Ça va mettre au plus mal, encore plus mal, les commerces à Paris."


La mairie évoque finalement une "hypothèse"

Au lendemain de ses propos sur franceinfo, Emmanuel Grégoire a repris la parole en conférence de presse pour clarifier la situation. Ce vendredi 26 au matin, le premier adjoint a affirmé que la proposition de la mairie de Paris était "une hypothèse". "Les chiffres ne sont pas bons, les tendances sont encore moins bonnes", a-t-il expliqué devant les journalistes, ajoutant que lui et son équipe allaient travailler sur des propositions "ce week-end".

Avant la prise de parole du bras droit d'Anne Hidalgo, Anne Souyris, adjointe en charge de la santé publique à la mairie de Paris, avait défendu la proposition sur Europe 1. "Pendant ces trois semaines de confinement, on organise la suite des évènements pour repartir sur de bonnes bases et avoir cette fois-ci une vraie préparation, une vraie planification. On pourra préparer, faire avec les gens, faire des écoles qui fonctionnent, faire en sorte d'avoir une vie culturelle fonctionnelle. Ce virus va rester encore jusqu'à la fin d'une vraie période de vaccination pour tous."

Jeudi, devant la presse, le Premier ministre a déclaré que des mesures pourraient être prises à partir du 6 mars prochain dans les 20 départements mis sous surveillance renforcée. Les territoires concernés ont donc un peu plus d'une semaine pour renverser la vapeur et freiner l'épidémie. 

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