Paris : les usagers du périphérique massivement opposés aux projets de la mairie

Paris : les usagers du périphérique massivement opposés aux projets de la mairie
(illustration)

publié le mercredi 10 février 2021 à 11h35

D'une manière générale,  les personnes interrogées sont peu sensibles aux problèmes de pollution, de bruit et d'esthétisme du périphérique.

Abaissement de la vitesse maximale, suppression de voies, voies réservées aux véhicules propres... Les projets de la mairie de Paris pour son boulevard périphérique sont rejetées par la majorité de ses usagers, selon une étude réalisée par la mairie et consultée mardi 9 février par l'AFP.

Le périphérique, autoroute urbaine faisant le tour de Paris, est surtout perçu comme "la ligne la plus directe et surtout la mieux maîtrisée", notent les auteurs de cette étude datée du 29 janvier.

La perspective de l'abaissement de la vitesse de 70 à 50 km/h suscite "un rejet immédiat brutal" des personnes interrogées, qui ne sont pas convaincues sur les avantages attendus en termes de baisse de la pollution atmosphérique, de la pollution sonore et de l'accidentologie.


La mise en place d'une voie réservée aux véhicules propres fait l'objet d'un "rejet très majoritaire", car étant perçu comme discriminant sur le plan social ou ne répondant pas aux contraintes des professionnels, artisans et livreurs.

Une voie pour les bus et véhicules de secours passerait mieux, éventuellement aussi pour ceux qui pratiquent le covoiturage à trois ou quatre personnes par véhicule. De même, la réduction du nombre de voies de quatre ou cinq à trois par sens de circulation fait consensus contre elle, quel que soit l'usage qui serait fait de l'espace récupéré.

Enfin, les personnes interrogées sont peu sensibles aux problèmes de pollution, de bruit et d'esthétisme du périphérique, qui est une voie communale de Paris. Les enquêteurs ont interrogé 4.000 usagers du boulevard périphérique dont ils avaient pris les numéros à 16 portes entre le 21 septembre et le 26 octobre 2020, ce qui exclut les personnes en transit. L'échantillon comprend 52% d'utilisateurs pour des raisons professionnelles et 18% de livreurs.

Les résultats de cette étude n'étonnent "pas du tout" David Belliard, l'adjoint aux transports de la maire PS de Paris Anne Hidalgo. "Tous les changements sont longs, il faut faire preuve de pédagogie", a estimé l'élu écologiste.

L'étude, "partielle" car elle ne concerne pas "ceux qui vivent aux abords du périphérique et qui subissent en premier lieu les impacts du périphérique", n'empêchera pas Paris de former un "consensus avec les communes avoisinantes pour avancer sur sa transformation", a estimé l'adjoint en charge des mobilités et de la voirie.

En ligne de mire les Jeux olympiques de 2024, première étape de cette évolution avec la création d'une voie réservée aux participants (athlètes, officiels, personnel médical) qui pourrait être ensuite conservée pour l'auto-partage et les transports en commun.

"Aujourd'hui, il y a 27% des déplacements sur le périphérique qui partent de Paris pour y revenir", souligne David Belliard. "Ce sont des mobilités sur lesquelles on peut proposer des alternatives. On ne va pas empêcher complètement les voitures d'aller sur le périphérique, mais on dit qu'on doit changer collectivement l'usage de la voiture." Selon l'élu, les catégories socio-professionnelles (CSP) élevées sont majoritaires (58%) dans l'utilisation du périphérique parisien.

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