Paris : le chantier de la Tour Triangle va débuter "d'ici la fin de l'année"

Paris : le chantier de la Tour Triangle va débuter "d'ici la fin de l'année"
Le Parquet national financier (PNF) a ouvert en juin dernier une enquête préliminaire pour "favoritisme", remettant en question L'octroi par la ville de Paris de la concession où doit être bâtie la tour.

publié le lundi 01 novembre 2021 à 13h14

Ce projet, né sous la mandature de Bertrand Delanoë est soutenu par la mairie de Paris, mais pas par les alliés écologistes d'Anne Hidalgo.

180 mètres de haut, 42 étages et une histoire controversée. Le chantier de la Tour Triangle, à Paris, débutera "'d'ici la fin de l'année", avec le soutien financier de l'assureur Axa, a annoncé lundi 1er nomvebre dans un communiqué le groupe Unibail-Rodamco-Westfield (URW), qui avait jusqu'à la fin octobre pour signer le bail à construction.

"La Tour Triangle sera un atout pour le développement économique et le rayonnement de la capitale. Le projet générera pendant sa construction plus de 5.000 emplois directs et indirects", indique le géant des centres commerciaux, propriétaire du Forum des Halles.

Pour ce projet estimé à quelque 700 millions d'euros n'était pas assuré de voir le jour si URW n'avait pas reçu le soutien d'Axa, véritable bouffée d'oxygène venue de l'extérieur.

Axa, dont l'apport financier n'a pas été précisé, s'est dit "fier" de s'associer à la construction de la Tour Triangle : "un projet phare pour la ville de Paris et sa région", "un lieu particulièrement innovant et qui bénéficiera des meilleures certifications environnementales", a salué Isabelle Scemama, cheffe d'Axa IM Alts, la division de l'assureur français dédiée aux investissements alternatifs. Signée de l'agence d'architecture suisse Herzog et de Meuron, cette tour de 180 mètres de haut et 42 étages sera érigée dans l'enceinte du Parc des expositions de la Porte de Versailles, dans le XVe arrondissement de Paris.


Les travaux devraient durer jusqu'en 2026, et doter la tour d'un hôtel quatre étoiles, de plus de 2.000 mètres carrés d'espace de travail partagé ("coworking"), d'un centre de santé et d'un espace culturel.

Mais la genèse de la tour ne s'est pas faite sans heurts : elle a donné lieu à une bataille politique.

Le maire (LR) du XVe arrondissement Philippe Goujon "totalement opposé" à ce projet a estimé lundi qu'"entre les beaux discours de la maire de Paris sur l'environnement et la réalité qui est de construire une tour de près de 200 m de haut, il y a un océan".

Née en 2008 sous la mandature de Bertrand Delanoë, lorsque Anne Hidalgo était adjointe à l'urbanisme, la Tour Triangle reste soutenue par l'Hôtel de Ville mais pas par les élus écologistes, alliés d'Anne Hidalgo.

Un projet "révoltant"

Pour le conseiller EELV, Emile Meunier, ce projet "antiécologique au possible" est "révoltant". "J'en veux particulièrement à AXA qui a sauvé ce projet in-extremis", a-t-il déclaré lundi estimant que le groupe "qui se vante de faire des investissements responsables et écologiques, investit dans ce projet du siècle dernier".

"On voit bien que si on laisse les enjeux économiques et les grandes entreprises guider les choix d'infrastructure, notre politique (...) ce sont toujours des projets qui iront à l'encontre du climat, à l'encontre de l'intérêt général, qui seront choisis", a renchéri l'adjoint EELV à la transformation de l'espace public David Belliard.

L'adjoint (PS) à l'urbanisme, Emmanuel Grégoire, a pour sa part salué une "excellente nouvelle pour l'attractivité de Paris et de notre pays", ajoutant que "ce projet répond aux plus exigeantes normes environnementales et s'intégrera parfaitement dans le tissu urbain parisien de la Porte de Versailles".

L'octroi par la ville de Paris de la concession où doit être bâtie la tour intéresse par ailleurs la justice. Le Parquet national financier (PNF) a ouvert en juin dernier une enquête préliminaire pour "favoritisme", après un signalement en 2020 de la maire LR du VIIe arrondissement, Rachida Dati, et le dépôt début 2021 d'une plainte par l'association Anticor. 

Rachida Dati et Anticor s'appuient sur un rapport de la chambre régionale des comptes d'Île-de-France de juillet 2020 concernant le Parc des expositions de la Porte de Versailles. Selon ce rapport, la ville de Paris a notamment accepté d'indemniser le concessionnaire du parc, Viparis, qui est une filiale d'URW, à hauteur de 263 millions d'euros "pour un préjudice non démontré". Tout en attribuant à Viparis "dans des conditions en partie contestables" un nouveau contrat pour continuer à exploiter les installations. Après l'annonce de cette enquête préliminaire, le groupe URW avait contesté "formellement les allégations sans fondement portées à son encontre" et regretté "la confusion opérée avec la Tour Triangle".

"Alors que le PNF a été saisi et que les interrogations sont plus que légitimes, ce début du chantier est inacceptable. Plus que jamais cette tour énergivore de bureaux est une aberration écologique et un projet économique appartenant au passé", a déclaré la conseillère LFI, Danielle Simonnet.

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