Paris Habitat jugé pour la mort de Lyès, 14 ans, dans un accident d'ascenseur

Paris Habitat jugé pour la mort de Lyès, 14 ans, dans un accident d'ascenseur
Lyès Chaieb, 14 ans, est mort écrasé par un ascenseur dans sa cité HLM, square de l'Aveyron (XVIIe), en 2008.

leparisien.fr, publié le mardi 29 mai 2018 à 20h45

Le drame s'était produit en 2008. Le bailleur social est mis en examen pour défaut de maintenance de l'ascenseur.

C'est un drame ancien mais absolu qui ressurgit dans l'enceinte de la plus haute juridiction de la justice française.

Ce mardi, l'affaire du jeune Lyès Chaieb s'est invitée au palais de justice, à la chambre criminelle de la Cour de cassation, menée en pourvoi par Patrice Spinosi, une des stars du barreau, attaché au Conseil d'État et à la Cour de cassation.

Il y a dix ans, un soir de juin 2008, Lyès Chaieb, 14 ans, mourait, tué par un ascenseur dans l'immeuble de sa cité HLM des années 1930 du square de l'Aveyron (XVIIe), porte d'Asnières, où il habitait avec sa famille.

L'enfant sortait de chez un copain et montait chez lui par l'escalier lorsqu'il a entendu quelqu'un qui l'appelait. Il a passé la tête au-dessus de la grille de l'ascenseur. L'ascenseur l'a happé, lui a brisé les cervicales. Lyès est mort sur le coup.

L'affaire déjà classée sans suite deux fois

L'ascenseur - « un de ces modèles d'avant-guerre », avec une protection grillagée à mi-hauteur, « une honte qu'on ne les ait pas rénovés plus tôt », lâchait une des gardiennes de la Cité - avait été signalé dangereux par l'ascensoriste Otis dès 2002, soit six ans avant l'accident mortel.

C'est tout l'enjeu de ce procès en cassation... Et c'est la dernière étape, la dernière « chance » pour les parents qui, en 2011, ont porté plainte contre X de chef d'homicide involontaire, défendu par Maître Samia Maktouf. Et qui veulent voir le bailleur condamné...

L'affaire a pourtant été classée sans suite deux fois. L'enquête avait mis au jour « une maintenance régulière » de l'ascenseur. Pour la justice, « l'accident n'était pas le fait d'une défaillance mécanique ». Et Paris Habitat, qui avait repris ces immeubles d'un ancien bailleur de la ville, la Sagi, n'avait pas été alerté de la note faisant état dangerosisté de l'ascenseur, la Sagi ne lui avait pas transmis ce courrier.

Une « plaie à vif » pour la mère de la victime

Contacté ce mardi, Paris Habitat, « traumatisé par ce drame », n'entend pas « s'exprimer avant le délibéré ». Mais pour son porte-parole, « ce drame ne pourrait plus se reproduire aujourd'hui. Tous nos ascenseurs ont été mis aux normes. »

Depuis 2012, Paris Habitat, comme vingt-deux autres bailleurs, s'est constitué avec 4 associations d'usagers et 4 associations professionnelles en AEA. Cette « Association Exigence Ascenseurs » entend désormais veiller à la sécurité de leurs 16 625 ascenseurs et mettre la pression sur les ascensoristes sur le maintien...

Pas de quoi convaincre Maître Spinosi, qui espère casser le jugement et faire condamner Paris Habitat. Ni Maître Maktouf... « Qu'il n'y ait pas de reconnaissance des responsabilités et de la faute du bailleur et des services de l'Etat, de cette négligence qui a conduit à la mort d'un enfant, est une plaie à vif pour ma cliente ».

« Une partie de moi est morte avec mon fils », résume sans détour Nabila Chaieb. Dix ans après le drame, la maman de Lyès veut que Paris Habitat, « qui par ailleurs s'est comporté de manière très inhumaine avec nous, fasse face à ses responsabilités ». La date du délibéré n'est pas encore connue.

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.