Paris fête les 75 ans de sa Libération

Chargement en cours
Un vétéran salue des pompiers le 25 août 2019 lors de la cérémonie d'hommage à leurs collègues qui ont hissé l'étendard français 75 ans plus tôt sur la Tour Eiffel
Un vétéran salue des pompiers le 25 août 2019 lors de la cérémonie d'hommage à leurs collègues qui ont hissé l'étendard français 75 ans plus tôt sur la Tour Eiffel
1/4
© AFP, Zakaria ABDELKAFI

AFP, publié le dimanche 25 août 2019 à 20h52

"Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré !": 75 ans jour pour jour après le célèbre discours du général de Gaulle, la capitale a commémoré dimanche la fin de quatre ans d'occupation nazie.

Plusieurs cérémonies symboliques et militaires ont eu lieu toute la journée pour célébrer l'expulsion en août 1944 des troupes allemandes, 1.500 jours après avoir hissé la croix gammée en haut de la Tour Eiffel.

C'est justement au pied du célèbre monument que les festivités ont débuté avec un hommage aux six sapeurs-pompiers de Paris qui avaient monté les escaliers de la dame de fer sous le feu ennemi pour remplacer l'étendard nazi par le drapeau tricolore.

A midi, un large drapeau français à été déployé le long d'un câble d'acier au niveau du 1er étage de la tour, figurant l'ascension du commando 75 ans plus tard, devant une petite foule de touristes curieux massés derrière les rangs de pompiers, officiers et élus.

Jeanne-Marie Badoche, la fille du capitaine Lucien Sarniguet, qui avait dû décrocher l'étendard en 1940 puis mené l'équipe qui l'avait remis en place quatre ans plus tard, s'est dite "très émue", peu après la courte cérémonie à laquelle elle a assisté aux côtés de sa famille et de vétérans américains.

En milieu d'après-midi, un cortège de véhicules militaires, sur lesquels étaient juchés soldats et civils en tenue d'époque, s'est élancé de la porte d'Orléans, au sud de la capitale, par où étaient entrées les troupes de la 2e division blindée du général Leclerc en août 1944.

Jeeps, chars et camions ont défilé sous un soleil éclatant le long de l'avenue qui porte le nom du héros militaire jusqu'à la place Denfert-Rochereau, faisant hurler les sirènes, alors qu'une foule de badauds, dont certains portaient béret ou jupe haute, s'était massée sur les trottoirs.

La mairie avait invité Parisiens et touristes à participer au défilé "habillés selon la mode vestimentaire de l'époque" et encouragé les habitants et commerçants du quartier à décorer balcons et terrasses aux couleurs tricolores.

Anthony et Camille, deux policiers de 25 ans qui ont revêtu pour l'occasion des vêtements années 1940, sont venus "rendre hommage à tous ceux qui ont contribué à la Libération". "Tous nos grands-parents meurent les uns après les autres, du coup il faut continuer à faire perdurer la mémoire", estime Camille.

Témoin de l'époque, René Gonin, 24 ans en août 1944, n'a quant à lui rien oublié de l'arrivée des chars dans Paris. "Les gens étaient comme fous, il y a des jeunes filles qui ne sont pas rentrées chez elles le soir (...) il y avait une ambiance extraordinaire", confie-t-il.

- Nouveau musée -


C'est également place Denfert-Rochereau, au-dessus du QG du colonel Rol-Tanguy, chef des Forces françaises de l'intérieur (FFI) d'Île-de-France, qu'a été inauguré dimanche après-midi un nouveau musée consacré aux quatre années d'occupation nazie et la semaine d'insurrection qui y mit fin.

"Avant, vous aviez le grand-père qui pouvait raconter. Il y a de moins en moins de témoins. Du coup, le musée trouve sa place, prend la relève du récit", souligne la directrice du musée, Sylvie Zaidman.

Mieux mis en valeur, le nouveau musée de la Libération devrait pouvoir contribuer davantage au travail de mémoire que celui ouvert de 1994 à 2018 sur la dalle de la gare Montparnasse et qui n'a jamais dépassé les 14.000 visiteurs annuels.

"Nous montrons (...) que Paris était et demeure la ville de la liberté", a déclaré la maire de la capitale, Anne Hidalgo, devant le nouvel établissement.

La journée de commémoration doit se terminer avec la projection dans les salons de l'Hôtel de Ville de "La Traversée de Paris", le film de Claude Autant-Lara avec Jean Gabin, Bourvil et Louis de Funès.

Paris a rendu hommage dès samedi soir aux combattants étrangers, notamment les Espagnols de la "Nueve", les premiers à avoir pénétré dans la capitale occupée, le 24 août 1944.

La capitale s'est soulevée en août 1944, sans attendre l'arrivée des Alliés, après quatre années d'occupation allemande. Le 25, au terme d'une semaine de grèves, de barricades et de combats de rue sanglants, Paris a accueilli de Gaulle qui, arrivé de Rambouillet (Yvelines), pouvait enfin proclamer "Paris libéré".

Au total, la "bataille de Paris" aura coûté la vie à près de 1.000 FFI, 130 soldats de la 2e DB et environ 600 civils, ainsi qu'à plus de 3.000 soldats allemands.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.