Paris : en guerre contre la direction, les professeurs du lycée Fénelon boycottent la rentrée

Paris : en guerre contre la direction, les professeurs du lycée Fénelon boycottent la rentrée
Des lycéens dans une salle de classe le 15 juin 2017 à Paris

Orange avec AFP, publié le lundi 04 septembre 2017 à 13h00

Dans le VIe arrondissement de Paris, la rentrée ne se déroule pas comme prévu. Le personnel du prestigieux lycée Fénelon a décidé de ne pas assurer l'accueil des élèves, lundi 4 septembre, pour protester contre la politique menée par la direction de l'établissement.

Il réclame le départ de la proviseure.

La colère gronde à Fénelon. Dans cet établissement, qui accueille des lycéens ainsi que des classes préparatoires aux grandes écoles, ce ne sont pas les nouvelles mesures instaurées par le gouvernement en matière d'éducation qui posent problème. Ici, la querelle oppose entre les enseignants et la direction. Depuis plus d'un an, les relations sont tendues voire délétères avec la proviseure. Réunis vendredi 1er septembre en assemblée générale, le corps enseignant et le personnel administratif de l'établissement ont décidé de marquer le coup en débrayant le jour de la rentrée, comme le révélait Libération en fin de semaine. Ils sont 77 à avoir approuvé la grève, sur un total de 83 participants. Tous s'insurgent contre le maintien à son poste de Véronique Rédini, à la tête du lycée depuis 2016.



- "ON EST EN SOUFFRANCE" -

Au fil de l'année dernière, le dialogue s'est peu à peu rompu en raison d'une série de couacs émanant de la direction. "On est en souffrance", explique une professeur d'anglais à Libération. "C'est des tas de petits problèmes." Un autre professeur de classe préparatoire scientifique raconte au Parisien que depuis l'arrivée de la proviseure en septembre 2016, "il y a eu des tas de dysfonctionnements qui nuisent au bon fonctionnement de l'établissement", qu'il s'agisse "de problèmes de gestion du personnel" ou de "problèmes d'organisation".

La grande majorité des enseignants dénonce un "dialogue de sourds" avec les étages supérieurs. Interrogée par le Parisien, une enseignante d'histoire géographie dénonce "une direction extrêmement brutale et autoritaire, dans le mauvais sens du terme, qui sidère l'ensemble du personnel". Une autre évoque "un climat malsain" ou encore le cas d'un "secrétaire de direction qui a déposé plainte pour harcèlement, avant de changer de poste".

La grève leur est donc apparue comme l'ultime solution. "C'est notre dernier recours pour protester contre le maintien en poste de la proviseure. Nous avions dit au rectorat, deux mois avant la fin d'année dernière, que nous ne ferions pas la rentrée avec elle. Aujourd'hui nous n'avons plus le choix", témoigne un enseignant auprès du Parisien. "Nous avons essayé de discuter avec elle à plusieurs reprises, avant de nous mobiliser et de faire appel au rectorat qui nous a reçus à plusieurs reprises. Mais cela n'a servi à rien", assure une autre. Des inspecteurs ont été dépêchés sur place, d'après Libération. La situation devrait être identique mardi, deuxième jour de rentrée. Les professeurs prévoient d'être sur place et de distribuer une note d'information aux élèves.

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