Paris : éboueurs et égoutiers veulent eux aussi «se faire entendre»

Paris : éboueurs et égoutiers veulent eux aussi «se faire entendre»

Paris (XIIIe), ce mardi. Éboueurs et égoutiers tiennent un piquet de grève sur le site du Syctom, l'agence métropolitaine des déchets ménagers, d'Ivry-Paris XIII, depuis 7 h 30 du matin.

A lire aussi

leparisien.fr, publié le mardi 03 avril 2018 à 20h30

Les agents de la collecte et du traitement des déchets ont bloqué mardi le centre multifilières du Syctom (Ivry-Paris XIIIe). Ils demandent une « réelle reconnaissance de la pénibilité » de leur travail.

La fumée blanche continue de s'échapper des deux grandes tours de l'unité d'incinération du Syctom. Mais l'image est trompeuse : depuis l'aube mardi, une quarantaine d'éboueurs et d'égoutiers bloquent bien le plus grand centre de gestion des déchets de la région parisienne, à cheval entre Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) et le XIIIe arrondissement de Paris.

Ces agents de la collecte et du traitement des déchets, qu'ils soient dans le public ou le privé, revendiquent un départ anticipé à la retraite de 10 ans à taux plein pour les métiers exposés à l'insalubrité et la pénibilité (contre 5 ans aujourd'hui), une réduction de la durée de travail de 20 %, et la création d'un statut unique public.

En résumé : une meilleure reconnaissance de leurs missions d'intérêt public. « Nous avons une espérance de vie réduite de 17 ans en moyenne par rapport à un cadre, et de 7 ans par rapport à un ouvrier du BTP », argue l'un d'entre eux.

«Nous ne sommes pas des terroristes »Reçue à l'Hôtel de Ville vendredi, la délégation représentant la filière est repartie bredouille. « La Mairie de Paris voulait qu'on lève le préavis de grève, mais pour cela, il fallait au moins nous laisser l'espoir d'une négociation », explique Daniel, éboueur.

« Le dialogue social est fermé, donc on bloque pour se faire entendre », abonde un autre. « Allez, un petit sourire de soutien, ça nous ferait plaisir ! » lance un gréviste à la haie de policiers face à lui. Mais leur présence ne fait que renforcer l'absence de dialogue. La CGT FTDNEEA a annulé les négociations avec la Ville qui devaient reprendre le jour même à midi.

« Depuis 11 h 30, la police est intervenue sur le site, équipée d'armes de guerre. Le pouvoir signifie qu'il est en guerre contre nous. Nous ne sommes pas des terroristes, mais des travailleurs en lutte. On demande que les négociations puissent se faire de manière pacifiste, on ne négocie pas sous la pression des forces de l'ordre », assène Baptiste Talbot, secrétaire général de la CGT des Services publics.

Du côté de l'exécutif municipal, on ne fait « aucun commentaire » sur le mouvement de grève. « Aujourd'hui, on a assuré presque totalement le service de ramassage des bennes », se contente de dire Mao Peninou, chargé de la propreté à Paris. La grève devrait se poursuivre : le syndicat de la filière prévoit déjà vingt-sept autres journées de blocage jusqu'en juin.

LIRE AUSSI >Le ramassage des déchets ralenti avec la grève des éboueurs

Le service de gestion de commentaires évolue.

A compter du 29 mars, le Journal de Réactions et la publication de commentaires seront temporairement fermés.

Les discussions autour des sujets qui vous tiennent à cœur resteront prochainement possibles au travers d’un tout nouveau service vous permettant de réagir.