Paris : comment un attentat à la bombe dans un immeuble a été évité en 2017

Paris : comment un attentat à la bombe dans un immeuble a été évité en 2017©Capture d'écran Google Street View

publié le mardi 10 novembre 2020 à 22h05

Grâce à un acte de bravoure d'un habitant, révélé par Le Point, l'explosion d'un immeuble dans le 16eme arrondissement de Paris a été évitée de justesse en 2017.

Dans la nuit du 29 au 30 septembre 2017, une attaque à la bombe en plein Paris aurait pu plonger la capitale dans l'horreur. Ce mardi 10 novembre, Le Point retrace le déroulé de cette tentative d'attentat.

Et les conclusions des forces de l'ordre sont glaçantes : si l'engin avait explosé, l'immeuble, avec les familles qu'il abrite, aurait été intégralement détruit par la puissance de la déflagration.



Mais le drame a été évité grâce à l'un des résidents. Cette nuit-là, Yann revient de son travail vers 1h15 du matin. Vers 3h30, alors qu'il est confortablement installé devant la télévision, il entend des bruits suspects dans le hall de l'immeuble, raconte Le Point. Une forte odeur et un "pschitt continu comme quand on laisse une gazinière ouverte" attisent sa curiosité. Par l'oeilleton de sa porte d'entrée, il devine une bouteille de gaz. Apeuré, il songe d'abord à sortir de son appartement armé d'un katana, avant de se raviser et d'appeler la police.

"Venez, venez, venez, venez en urgence !"

À l'autre bout du fil, un agent lui donne des consignes. Sur les conseils de son interlocuteur, Yann ferme à la main les bouteilles de gaz et les déplace dans la rue. Par inadvertance, son pied bute sur un boîtier. "Il y a une télécommande, il y a un téléphone avec un fil jaune et un fil rouge qui était posé sur le sol (...) P***** il y a un détonateur, c'est quoi ce délire ? Venez, venez, venez, venez en urgence ! Y a un p**** de détonateur", s'écrie-t-il avant de prendre la fuite, comme le raconte Le Point. Quelques instants plus tard, un important dispositif de sécurité est déployé dans le quartier et les forces de l'ordre arrivent en nombre.

Par la suite, les enquêteurs ont déterminé que, le soir des faits, un téléphone avait tenté d'appeler la puce fixée sur la bombe à neuf reprises en l'espace de 13 minutes dans le but de déclencher la mise à feu. Trois hommes, dont l'un fiché S, radicalisé et surveillé par la DGSI, sont arrêtés grâce à une enquête téléphonique et les images de vidéosurveillance d'un magasin situé à proximité. Le Parquet national antiterroriste (PNAT) a demandé un procès pour association de malfaiteurs, tentative d'assassinat et de destruction du bien d'autrui, le tout en relation avec une entreprise terroriste.

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