Paris : 500 tentes installées place de la République pour abriter des migrants, la police est intervenue

Paris : 500 tentes installées place de la République pour abriter des migrants, la police est intervenue©MARTIN BUREAU / AFP

, publié le lundi 23 novembre 2020 à 22h00

Des migrants, en errance depuis le démantèlement d'un campement en Seine-Saint-Denis, ont installé des tentes place de la République à Paris pour se mettre à l'abri en pleine pandémie, aidés par l'association Utopia56.

En plein centre de Paris, place de la République, plusieurs centaines de migrants ont monté un campement dans la soirée de ce lundi 23 novembre, pour être mis à l'abri, en pleine pandémie. Ils étaient en errance depuis le démantèlement d'un important camp d'exilés la semaine dernière.

"On était sur le campement, on a été virés le jour où les autres ont été emmenés dans les bus (pour être mis à l'abri) et depuis on est à nouveau dans la rue où la police ne nous laisse pas dormir", a expliqué Mahdi Jafari, un Afghan de 19 ans, en installant sa tente à 19h précises. 500 tentes ont été installées sur cette place centrale de la capitale.


Les exilés, quasi-exclusivement des Afghans, ont été aidés par Utopia56. "Ils ont été laissés sur le carreau et invisibilisés, mais eux aussi ont besoin d'un hébergement, surtout en pleine crise sanitaire", a abondé Maël de Marcellus, responsable parisien de cette association. Dans un communiqué, l'organisme a demandé ce lundi "à la préfecture ainsi qu'à la mairie de Paris et au gouvernement la création de 1000 places d'hébergement immédiates inconditionnelles afin de pouvoir mettre ces personnes à l'abri. À cela s'ajoute ; le respect de leurs droits fondamentaux ainsi que l'arrêt immédiat et continu des violences policières envers ces populations".

Mais dès 20h, les forces de l'ordre ont commencé à enlever une partie des tentes, parfois avec des exilés encore à l'intérieur, et sous les huées des militants et des migrants.

Plus de 3.000 personnes, principalement des hommes afghans, avaient bénéficié d'une mise à l'abri dans des centres d'accueil ou des gymnases en Ile-de-France mardi dernier, à l'issue du démantèlement d'un très important campement informel qui s'était constitué depuis l'été sous une bretelle d'autoroute près du Stade de France, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Néanmoins, entre 500 et 1.000 personnes n'avaient pas bénéficié de cette opération et se trouvaient depuis en errance dans les rues en lisière de Paris, selon les associations qui leur viennent en aide et qui dénoncent notamment des abus policiers.


Deux lieux proposés par la mairie de Paris

La semaine dernière, la vidéo diffusée par un journaliste de l'errance forcée de certains de ces exilés, forcés à marcher toute la nuit encadrés par des policiers qui refusent de les laisser s'installer pour dormir, avait notamment suscité une vague d'indignation dans le milieu associatif et politique. Selon les associations de défense des migrants, les 400 à 500 migrants qui se sont installés place de la République, immédiatement entourés d'un important dispositif policier, "ne partiront que lorsqu'une solution d'hébergement sera trouvée".

Sur Twitter, la maire PS de Paris Anne Hidalgo a réagi ce lundi.

"Après l'évacuation de campements à Saint-Denis, nous proposons avec Ian Brossat (adjoint communiste à la maire de Paris en charge du logement, de l'hébergement d'urgence et la protection des réfugiés, ndlr) deux lieux pour accueillir les réfugiés à la rue dans Paris. Ces dispositifs d'urgence ne peuvent remplacer durablement une prise en charge par l'État, dont c'est la compétence", a-t-elle écrit.

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