Parcoursup : de futurs bacheliers obligés de payer pour s'inscrire à certaines formations

Parcoursup : de futurs bacheliers obligés de payer pour s'inscrire à certaines formations
Des parents ont découvert qu'ils devaient payer pour que leur enfant puisse postuler à certaines filières sur Parcoursup.

Orange avec AFP-Services, publié le vendredi 05 avril 2019 à 14h58

Des familles ont découvert qu'elles devaient s'acquitter de frais pour que leurs enfants puissent postuler à certaines formations.

Une mauvaise surprise de dernière minute. Les lycéens et étudiants en réorientation avaient jusqu'au mercredi 3 avril pour confirmer leurs voeux sur la plateforme d'inscription post-bac Parcoursup. C'est lors de cette dernière ligne droite que certains parents ont découvert qu'ils devaient payer pour que leur enfant puisse postuler à certaines filières, rapporte Ouest-France

Plusieurs familles ont ainsi témoigné sur Twitter, faisant part de leur suprise face à ces frais.

Des frais pour "3% des filières"

Contacté par Franceinfo, Jérôme Teillard, responsable de la plateforme au ministère de l'Education nationale précise que ces inscriptions payantes "représentent 3% des 14.500 formations présentes sur Parcoursup". Et d'ajouter : "il s'agit de formations sélectives, privées comme publiques, avec concours ou entretiens d'entrée".

Selon les établissements, ces frais de candidature vont de 30 à 200 euros et sont affectés au traitement administratif des dossiers ou des concours d'admission, note encore Ouest-France.

Dans le détail, ces sommes sont demandées par des lycées privés pour des classes préparatoires ou des écoles privées d'art, de commerce ou d'ingénieurs, mais aussi par quelques organismes publics, comme les écoles nationales d'architecture ou les écoles d'ingénieurs.

"La plateforme n'est pas décisionnaire"

Ces frais n'ont pourtant rien de nouveau, précise Bruno Magliulo, ancien inspecteur d'académie et auteur de "SOS Parcoursup", à Franceinfo. Si cette situation "existe depuis longtemps" et que "Parcoursup n'en est pas responsable", elle a été "amplifiée" par la plateforme, souligne-t-il. Car "les candidats sont incités à faire plus de vœux, donc à débourser plus d'argent, s'ils visent des filières sélectives",

De son côté, Jérôme Teillard assure que "ces frais dépendent des règlements de chaque établissement" et que cela "n'est pas différent en dehors" de Parcoursup. "La plateforme n'est pas décisionnaire dans l'existence de ces frais ; elle ne les encourage pas non plus", assure-t-il.

De son côté, la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) estime que l'information sur ces frais administratifs devrait être "plus visible" sur la plateforme. 

Une "sélection par l'argent"

Mais la Fage déplore surtout une "sélection par l'argent", même si les boursiers sont exonérés de ces frais.

"La plupart de ces frais servent à financer l'examen des dossiers", explique Orlane François, présidente de la fédération auprès de Franceinfo. "Les établissements doivent mobiliser du personnel et cela leur coûte de l'argent. Mais cette dépense devrait être prise en charge par l'établissement".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.