Pancartes lors des manifestations anti-pass : l'antisémitisme "est capable de s'infiltrer partout", déplore le Crif

Pancartes lors des manifestations anti-pass : l'antisémitisme "est capable de s'infiltrer partout", déplore le Crif©FRANCOIS LO PRESTI / AFP

publié le dimanche 15 août 2021 à 17h30

Gérard Unger, vice-président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), fustige auprès de Franceinfo le "complotisme imbécile, qui consiste à mettre l'étoile jaune anti-vaccin au même niveau que le marquage de victimes prévues sous la Shoah".

Pancartes aux slogans "crades", comme l'a jugé le ministre de la Santé Olivier Véran, lors des manifestations contre le pass sanitaire, stèle de Simone Veil profanée... l'antisémitisme fait toujours l'actualité.

Gérard Unger, vice-président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), s'en est insurgé auprès de Franceinfo ce dimanche 15 août, rappelant qu'"on n'a pas le droit d'être antisémite dans notre pays, c'est un délit, pas une opinion".



Samedi 14 août, la stèle de Simone Veil à Perros-Guirec (Côtes-d'Armor) a été retrouvée souillée pour la quatrième fois en deux semaines. Pour Gérard Unger, la femme d'État représente "tout ce qu'il faut pour déplaire à des nazillons qui détestent les juifs, les droits des femmes et l'Europe".

Le même jour, lors des manifestations contre le pass sanitaire, des pancartes aux inscriptions antisémites ont été brandies dans le cortège parisien. Une enquête a été ouverte après le signalement à la justice par le préfet de police de Paris. La semaine précédente, une enseignante avait manifesté à Metz (Moselle) avec une pancarte également considérée comme antisémite, elle sera jugée en septembre pour provocation à la haine raciale. Le Crif a d'ailleurs porté plainte contre elle.

De quoi inspirer à Gérard Unger "le plus profond dégoût", fustigeant le "complotisme imbécile, qui consiste à mettre l'étoile jaune anti-vaccin au même niveau que le marquage de victimes prévues sous la Shoah".

"C'était déjà présent chez les 'gilets jaunes', même si cela ne veut pas dire que tous les 'gilets jaunes' étaient antisémites. (...) L'antisémitisme de certains est capable de s'infiltrer partout, y compris sur des sujets qui n'ont rien à voir avec les juifs", a déploré le vice-président du Crif.



Appartenance à la mouvance d'extrême droite

Après avoir brandi une pancarte lors d'une manifestation à Metz, Cassandre Fristot, ancienne élue locale et ex-candidate FN aux législatives de 2012, a été interpellée lundi 9 août dans la commune d'Hombourg-Haut en Moselle et son domicile perquisitionné. Cette femme de 34 ans est "connue pour son appartenance à la mouvance d'extrême droite", a indiqué le procureur.

Elle a déclaré aux enquêteurs s'être débarrassée de la pancarte, selon une source proche du dossier.

Le parquet de Metz avait ouvert une enquête de flagrance sur cette "pancarte au message manifestement antisémite", selon la préfecture. Les noms de plusieurs responsables politiques, hommes d'affaires et intellectuels, dont la plupart sont juifs, y étaient ciblés.

La diffusion d'une photo de l'écriteau, brandi fièrement par son autrice, a suscité un tollé dans la classe politique et les organisations de lutte contre le racisme et l'antisémitisme.

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, avait dénoncé une pancarte "abjecte" et promis que ce geste ne resterait pas "impuni" : il a lui-même annoncé par la suite sur Twitter l'interpellation de la jeune femme.



Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a quant à lui annoncé qu'elle serait "suspendue en attendant les suites disciplinaires".

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