Panama Papers : une aubaine pour Jérôme Kerviel face à la Société Générale

Panama Papers : une aubaine pour Jérôme Kerviel face à la Société Générale
Jérôme Kerviel

, publié le jeudi 07 avril 2016 à 11h00

Alors que ses déboires judiciaires avec la Société Générale ne sont pas terminés, le scandale international d'évasion fiscale des Panama papers sonne comme une bénédiction pour Jérôme Kerviel.

Il n'en demandait pas tant. Alors que son ancien employeur, la Société Générale, se débat avec le scandale des Panama papers, l'ex-trader Jérôme Kerviel s'en donne à coeur joie dans les médias pour dénoncer les "mensonges" de la banque et l'"impunité" dont elle bénéficie.

Alors qu'il demande la révision de son procès et a déposé trois plaintes contre son ancien employeur, l'affaire est "un élément qui apporte évidemment de l'eau à (son) moulin". Il est accusé par son ex-employeur de lui avoir fait perdre 4,9 milliards d'euro en 2008 et a été condamné pour ces faits à cinq ans de prison dont trois ferme.

L'implication du groupe bancaire français dans ce scandale planétaire d'évasion fiscale "prouve que Société Générale ment dans ce dossier comme dans d'autres", a déclaré jeudi 7 avril sur France Info Jérôme Kerviel. La banque a notamment été épinglé dans ce dossier par le journal Le Monde pour avoir ouvert 979 sociétés offshore par l'intermédiaire du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca.

- La Société Générale a "menti sous serment devant la représentation nationale" -

"On fait mine de découvrir aujourd'hui quelque chose qui était su de tout le monde depuis des années", a assuré l'ancien trader, indiquant que la succursale luxembourgeoise Société Générale Bank and Trust, évoquée dans les "Panama Papers", "est une filiale par laquelle, sur certaines activités de trading, on passait à l'époque aussi". "On parle uniquement du Panama, il y en a d'autres", a-t-il ajouté, qualifiant la banque de "multirécidiviste des infractions" et l'accusant d'avoir "menti sous serment devant la représentation nationale". Son directeur général Frédéric Oudéa avait en effet affirmé lors d'une audition au Sénat en 2012 que Société Générale avait fermé ses implantations dans les pays figurant sur la liste grise des paradis fiscaux, ainsi que dans les Etats jugés non coopératifs, comme Panama. "Il y a une forme de crainte et de totem d'immunité de la part des banques" qui sont "protégées à chaque niveau", a insisté M. Kerviel.



Dès lundi, Jérôme Kerviel avait lancé son offensive sur les réseaux sociaux. "Je souhaite une bien belle semaine @SocieteGenerale ainsi qu'à ses conseils. #panamapapers #PanamaLeaks", avait-il écrit sur Twitter

Mercredi, le directeur général de la Société Générale, Frédéric Oudéa, avait défendu l'établissement, après avoir été convoqué la veille par Michel Sapin au Ministère des Finances. "Je trouve scandaleux les amalgames et les inexactitudes qui sont véhiculés concernant la Société Générale, dans le cadre de cette enquête", avait martelé M. Oudéa dans un entretien au Figaro. "La Société Générale n'a plus aucune implantation dans les paradis fiscaux. Il ne faut pas confondre une implantation détenue et opérée par une banque, et les sociétés et structures qui sont détenues par nos clients", avait-il continué. M. Oudéa avait également souligné que son établissement ne travaillait en offshore qu'avec des clients "dont les motifs sont clairs" et que le fait d'avoir recours à une entité offshore pouvait "avoir bien d'autres motifs que fiscaux", citant par exemple des "situations familiales complexes".

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