Ouverture du procès en appel de la collision ferroviaire mortelle de Saint-Médard-sur-Ille

Ouverture du procès en appel de la collision ferroviaire mortelle de Saint-Médard-sur-Ille
Après l'accident entre un camion et un train, le 12 octobre 2011 à Saint-Médard-sur-Ille

AFP, publié le lundi 23 septembre 2019 à 09h38

Le procès en appel de la collision mortelle de Saint-Médard-sur-Ille (Ille-et-Vilaine) entre un TER et un camion, qui avait fait trois morts et 61 blessés en octobre 2011, s'est ouvert lundi matin à 09h30 pour cinq jours devant la cour d'appel de Rennes.

Le 12 octobre 2011 vers 17H15 un camion, équipé d'une grue de levage, arrêté au milieu d'un passage à niveau, avait été percuté par un TER qui effectuait la liaison Rennes-Saint-Malo. Deux passagères du train âgées de 43 et 73 ans étaient mortes dans l'accident et un passager de 36 ans avait succombé à ses blessures quelques jours plus tard. Outre ces trois morts, 61 personnes on été blessées.

Une centaine de parties civiles seront représentées à ce procès, des victimes et familles de victimes ou encore des association d'aide aux victimes.

Pour les parties civiles "c'est extrêmement difficile" de revenir pour ce procès en appel, a souligné avant l'audience à l'AFP Catherine Glon, avocate de plusieurs d'entre elles. "Ils sont épuisés", a-t-elle assuré.

"J'attends que la cour d'appel rejoigne le tribunal correctionnel qui avait rendu un jugement extrêmement motivé", a ajouté Me Glon.

En première instance, le 2 juillet 2018, le tribunal correctionnel de Rennes a condamné le chauffeur du poids lourd à 36 mois de prison avec sursis, reconnaissant une "faute simple", une "inattention fautive". Il avait aussi été condamné à cinq ans d'interdiction d'exercer la profession de chauffeur poids-lourd.

Pour le tribunal, le passage à niveau en question, où s'était déroulé en 2007 un accident similaire entre un camion et un TER, faisant 71 blessés, avait une "dangerosité avérée", que ne pouvaient ignorer SNCF Réseau et SNCF Mobilité.

Les deux entreprises, poursuivies dans ce dossier, tout comme le chauffeur, pour homicides et blessures involontaires, ont été condamnées à 300.000 euros d'amende chacune.

La SNCF avait fait appel, jugeant les causes de l'accident "sans lien avec une faute de la SNCF", décision qui avait suscité colère et indignation chez les victimes, représentées par l'association Solidarité Saint-Médard PN11. Le parquet avait également interjeté appel.

"L'idée c'est de revenir à la réalité de ce qui s'est passé, un accident dont la faute exclusive est une erreur du chauffeur. C'est aussi simple que ça. Il s'arrête au feu rouge, il n'y a pas d'accident", a déclaré à l'AFP avant l'audience Philippe Valent, avocat de la SNCF.

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