Ouverture du procès de Jacques Rançon à Amiens pour un meurtre vieux de 35 ans

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Jacques Rançon sur le banc des accusés du tribunal de Perpignan, le 26 mars 2018
Jacques Rançon sur le banc des accusés du tribunal de Perpignan, le 26 mars 2018
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© AFP, RAYMOND ROIG
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publié le mardi 08 juin 2021 à 11h05

Le procès de Jacques Rançon, surnommé "le tueur de la gare de Perpignan", s'est ouvert mardi devant la cour d'assises de la Somme pour le viol et le meurtre en 1986 d'Isabelle Mesnage, une  affaire longtemps restée dans les limbes, dans laquelle il nie sa responsabilité. 

Déjà condamné en 2018 à la réclusion à perpétuité pour les viols et meurtres de deux femmes à Perpignan en 1997 et 1998, cet homme de 61 ans s'est présenté mardi devant la cour d'assises en chemise blanche et pantalon noir, cheveux gris mi-longs plaqués en arrière, l'air maître de lui derrière ses lunettes.

"C'est pas moi qui ai assassiné Mlle Mesnage" a-t-il déclaré à l'ouverture de l'audience.

"J'ai fait tout ça" a-t-il en revanche confirmé, sans plus de commentaire, après que la présidente eut détaillé les six condamnations à son casier judiciaire, pour meurtres, viols, agressions sexuelles et des menaces de mort et violences sur sa compagne. 

Mais "aujourd'hui, je suis pas coupable", "j'espère qu'ici je ne serai pas jugé pour les faits à Perpignan", a ajouté l'ancien cariste.

Jeune informaticienne de 20 ans partie randonner, Isabelle Mesnage avait été retrouvée morte le 3 juillet 1986, à la lisière d'un bois, à une douzaine de kilomètres d'Amiens. L'enquête avait piétiné avant d'aboutir à un non-lieu en 1992. 

Elle avait été relancée en 2017 quand une avocate, Corinne Herrmann, spécialiste des affaires restées non élucidées, avait fait le lien entre Jacques Rançon, alors mis en cause pour les meurtres de Perpignan après l'identification de son ADN, et la mort d'Isabelle Mesnage.

L'avocate avait demandé au nom de la famille la réouverture des investigations, pointant également les décès de deux femmes dans l'Aisne restés non élucidés, et obtenu gain de cause. 

Une nouvelle autopsie avait confirmé de fortes similitudes avec le mode opératoire de Jacques Rançon. 

Jacques Rançon avait avoué, à sa septième audition de garde à vue puis devant le juge d'instruction, avoir violé et tué Isabelle Mesnage, expliquant avoir mutilé le corps pour qu'aucune trace de lui ne soit retrouvée.

Mais il s'était ensuite rétracté dans un courrier, disant avoir subi des pressions des enquêteurs. 

"L'enjeu de ce procès, c'est de savoir si Jacques Rançon est un tueur en série - et Jacques Rançon est un tueur en série - et si le premier crime, ou l'un des premiers crimes qu'il a commis, il l'a commis dans la région sur Isabelle Mesnage", a expliqué Me Herrmann avant l'audience.  

L'important est "qu'une vérité judiciaire soit dite à un moment, 35 ans après les faits", notamment pour les parents de la jeune femme, a souligné son confrère, Didier Seban, qui représente également les parties civiles. 

"Cette audience est aussi une façon de travailler sur d'autres crimes qu'il aurait pu commettre. Nous pensons qu'on n'est pas au bout de l'histoire", a-t-il insisté. 

Originaire de la Somme, Jacques Rançon purge depuis 2018 une peine de réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans pour les viols, meurtres et mutilations, notamment au niveau des organes génitaux, de Moktaria Chaïb et Marie-Hélène Gonzalez, ainsi que pour avoir tenté de violer une troisième femme et d'en avoir laissé une quatrième pour morte. 

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