Ouverture du 35e sommet franco-britannique dominé par l'immigration et la défense

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 Le président français Emmanuel Macron (g) et la Première ministre britannique Theresa May, le 18 janvier 2018 à Sandhurst, près de Londres

Le président français Emmanuel Macron (g) et la Première ministre britannique Theresa May, le 18 janvier 2018 à Sandhurst, près de Londres

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© AFP, Ludovic MARIN

AFP, publié le jeudi 18 janvier 2018 à 16h52

Le 35e sommet franco-britannique s'est ouvert jeudi à l'Académie militaire royale de Sandhurst où la Première ministre britannique Theresa May et le président français Emmanuel Macron devaient s'entretenir de questions liées à l'immigration clandestine et à la défense.

Les deux dirigeants sont arrivés peu avant 15H00 GMT dans ce prestigieux établissement situé à une cinquantaine de kilomètres au sud-ouest de Londres, accueillis par une parade, après un déjeuner de travail au pub The Royal Oak à Maidenhead, ville proche.

Pour ce premier sommet bilatéral depuis le vote du Brexit, Londres devrait chercher à renforcer les liens avec Paris, comme en témoignent les annonces faites par le gouvernement britannique quelques heures avant l'arrivée du président français.

Downing Street a ainsi fait part de son intention d'augmenter de 44,5 millions de livres (50,5 millions d'euros) sa contribution financière au contrôle de la frontière à Calais, en réponse à une attente exprimée par la France.

"Cet argent doit être investi dans l'amélioration de la sécurité à la frontière", a déclaré un porte-parole de l'exécutif britannique. "Tout comme nous investissons pour nos frontières dans le reste du Royaume-Uni, il est normal de surveiller en permanence si nous pouvons renforcer les contrôles en France et en Belgique, pour s'assurer qu'ils soient aussi sécurisés que possible", a-t-il ajouté.

En vertu des accords du Touquet en vigueur depuis 2004, la frontière britannique est fixée sur la côte française, où les agents britanniques effectuent des contrôles. D'après l'Élysée, le sommet doit permettre la signature d'un "nouveau traité qui complétera les accords du Touquet".

Les services de Theresa May ont également annoncé l'envoi de trois hélicoptères de transport lourd Chinook au Sahel pour épauler les troupes françaises, ainsi que des personnels non-combattants.

La contribution a été qualifiée de "conséquente" par une source proche de la délégation française, l'armée française manquant de capacités en la matière.

"Les discussions que nous devons avoir aujourd'hui montrent qu'une relations solide entre nos deux pays, est dans l'intérêt du Royaume-Uni, de la France et de l'Europe", a déclaré Theresa May. "Ce sommet se déroule alors que le Royaume-Uni se prépare à quitter l'UE, mais cela ne signifie pas qu'il quitte l'Europe", a-t-elle redit.

- "Culot français" -

Ces annonces ont cependant été diversement accueillies par la classe politique et la presse britanniques, des voix s'élevant pour critiquer les concessions de Downing Street.

"La France demande 45 millions de livres supplémentaires pour stopper les migrants à Calais, et on nous prête la tapisserie de Bayeux comme lot de consolation", s'est indigné le Daily Mail, qui dénonce un "coup monté".

Ce prêt, "envisagé" par l'Elysée, devrait faire partie d'un programme d'échanges d'œuvres d'art qui sera annoncé au cours du sommet. La tapisserie en question, chef d'œuvre du XIe siècle, relate la défaite de l'Angleterre face à l'invasion du duc de Normandie Guillaume le Conquérant.

"Il y a un certain culot français dans l'offre d'Emmanuel Macron de prêter au Royaume-Uni cette tapisserie", fait remarquer le Daily Telegraph. "Quoi de mieux que de rappeler à la Première ministre ce qui s'est passé la dernière fois que son pays s'est montré incapable de faire face à l'envahisseur?".

En amont du sommet, des représentants des cinq services de renseignement des deux pays (DGSE et DGSI pour la France, MI5, MI6 et quartier général des communications pour le Royaume-Uni) se sont rencontrés en même temps pour la première fois.

Évoquant les derniers attentats perpétrés en Europe, un porte-parole du gouvernement britannique a annoncé un renforcement "de la coopération en matière de sécurité et de justice pénale", dans le prolongement du plan signé par les deux pays en juin 2017 sur la surveillance de l'activité terroriste en ligne.

L'Académie royale de Sandhurst, où se déroule le sommet, est une célèbre école militaire qui a notamment accueilli les princes Harry et William, le roi Hussein de Jordanie ou encore le chanteur James Blunt. A l'issue d'une formation de 44 semaines, les élèves de cet établissement créé en 1947 sont élevés au grade d'officier.

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