Otage française au Mali : "On se sent un peu abandonnés", déplore le neveu de Sophie Pétronin

Otage française au Mali : "On se sent un peu abandonnés", déplore le neveu de Sophie Pétronin
Capture d'écran d'une vidéo diffusée le 2 juillet 2017 par la branche d'Al-Qaïda au Mali.

Orange avec AFP, publié le dimanche 24 décembre 2017 à 15h50

TÉMOIGNAGE. La famille de l'humanitaire française, enlevée il y a un an jour pour jour à Gao, dans le nord du Mali, n'a pas eu de nouvelles d'elle depuis la diffusion en juillet d'une vidéo de revendication de la branche d'Al-Qaïda au Mali dans laquelle elle apparaissait.



À la tête d'une association d'aide à l'enfance, la Française Sophie Pétronin a été enlevée le 24 décembre 2016 par des hommes armés à Gao, une cité du nord du Mali. Ses proches attendent depuis un signe de vie dans "la crainte, le désarroi et la tristesse." "Cette journée, on aurait voulu la passer avec elle", explique ce dimanche 24 décembre son neveu Arnaud Granouillac à Franceinfo.

Depuis le 1er juillet dernier et la diffusion par la branche d'Al-Qaïda au Mali d'une vidéo (non datée) dans laquelle l'humanitaire septuagénaire apparaissait avec cinq otages étrangers, ses proches n'ont aucune nouvelle. "On n'a aucune info concrète sur son lieu de détention et surtout sur son état de santé. Elle a 72 ans et elle a un cancer", a rappelé son neveu. "On sait que c'est une battante et qu'elle doit lutter avec le peu de forces qui lui restent", a-t-il souligné.



Ce dernier pointe le manque de communication de la part du gouvernement et d'avancées dans les négociations. Malgré"des rendez-vous réguliers" au Quai d'Orsay, "l'espoir s'amenuise de jour en jour et on se sent un peu abandonnés", déplore-t-il. "On fait des recherches de notre côté, parce que ça n'avance pas beaucoup", estime-t-il, indiquant que le fils de Sophie Pétronin, Sébastien, irait au Niger "le 28 décembre". Installé en Ardèche, il s'est déjà rendu plusieurs fois au Mali depuis le rapt de sa mère pour mener sa propre enquête.

Il regrette par ailleurs les déclarations du président Emmanuel Macron au lendemain de la diffusion de la vidéo. "Ces gens ne sont rien. Ce sont des terroristes, des voyous et des assassins et nous mettrons toute notre énergie à les éradiquer", avait lancé le chef de l'État. Des "insultes", selon Arnaud Granouillac qui ne sont pas de nature à "facilite(r) les négociations et apaise(r) les tensions."

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