Ordonnances: la mobilisation à l'appel de la CGT pétrole diversement suivie

Ordonnances: la mobilisation à l'appel de la CGT pétrole diversement suivie

Un camion roulant près de la raffinerie de Grandpuits, en Seine-et-Marne, le 25 octobre 2010

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AFP, publié le jeudi 23 novembre 2017 à 20h58

L'appel à la grève de la CGT Pétrole pour "préserver" la convention collective de la branche, remise en cause selon elle par la réforme du Code du travail, a été diversement suivi jeudi dans les sites pétrochimiques et ne menaçait pas l'approvisionnement, a-t-on appris de sources concordantes.

Le syndicat devait décider dans la soirée de reconduire ou non le mouvement, lancé le jour d'une commission paritaire de branche portant notamment sur les salaires, et bien suivi notamment dans le Sud. 

L'Union française des industries pétrolières (Ufip) a évoqué de son côté des actions "surtout dans le Sud et à la périphérie de Paris". "Les raffineries tournent normalement, mais à l'extérieur des sites, des grévistes perturbent le bon déroulement" des expéditions, a indiqué une porte-parole de l'organisme patronal à l'AFP. 

"Partout où il y a des grévistes, il n'y a ni expédition ni travaux", a indiqué de son côté à l'AFP Emmanuel Lépine (FNIC-CGT). Il a fait part de taux de "grévistes postés" allant de "70% à 100%" selon les sites, avec par exemple 70% à la raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne).  

Selon Yann Manneval, secrétaire de l'union départementale CGT des Bouches-du-Rhône, on comptait 100% de grévistes sur le site pétrochimique du groupe LyondellBasell, près de l'Etang de Berre, et 60% à la raffinerie Esso de Fos-sur-Mer. 

Sur la plate-forme Total de La Mède, qui ne fait pas de production, les expéditions étaient bloquées, et à la raffinerie de Lavéra, de la compagnie Petroineos, la production a été ralentie le matin, selon M. Manneval. La FNIC-CGT y recensait "95% de grévistes postés" l'après-midi.

- 'expéditions perturbées' -

"Tous nos sites fonctionnent normalement (Flandres, Carling, Feyzin, La Mède, Lévera, Donges), sauf Grandpuits et (la) Normandie, où certaines unités sont à débit légèrement réduit et où les expéditions sont en partie perturbées", a indiqué en début de soirée la direction de Total.

De son côté, une porte-parole d'Esso a évoqué un nombre "limité" de grévistes à Fos-sur-Mer qui "perturbent les opérations de chargement et d'expéditions". A la raffinerie de Gravenchon, en Normandie, où la CGT dénombrait "60%" de grévistes, Esso ne signalait aucune perturbation des opérations de chargement.

Le dépôt pétrolier du Havre et la plate-forme Total Normandie sont entrés dans le mouvement l'après-midi selon la CGT. Au Havre, le site est "bloqué", a dit M. Lépine, qui comptait "70%" de grévistes sur la plate-forme Total.

Comme dans d'autres secteurs, la FNIC-CGT, troisième fédération de la branche pétrole, redoute que de futurs accords d'entreprises ne remettent en cause certaines dispositions de la convention collective du secteur.

Elle demande que soient préservés au niveau de la branche "les éléments salariaux", y compris les primes d'ancienneté, de quart et de panier, ainsi que les "prérogatives des CHSCT" (comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail), qui vont disparaître en tant que tels avec la réforme du Code du travail.

Mais, pour l'Ufip, des discussions à ce sujet ne sont pas possibles tant que les décrets d'application n'ont pas été publiés. Une réponse réaffirmée jeudi par l'organisme patronal. 

La demande du maintien des CHSCT dans ce secteur sensible, qui compte de nombreux sites Seveso et représente 30.000 emplois directs, est aussi portée par la CFDT, deuxième force syndicale du secteur.

"On veut obtenir des garanties sur leur maintien", avait souligné la semaine dernière Dimitri Guiller, délégué fédéral CFDT, à l'occasion d'un rassemblement à proximité du siège de l'Ufip.

Sur les salaires, contrairement aux deux années précédentes, un accord a été trouvé, a indiqué l'Ufip. La CFDT avait déploré "deux années blanches", avec une augmentation unilatérale de 0,3% l'an dernier, à rapporter à 1% d'inflation.

 
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