Oradour-sur-Glane : le dernier survivant "écœuré" face à l'état des ruines

Oradour-sur-Glane : le dernier survivant "écœuré" face à l'état des ruines©Capture France 3

6Medias, publié le lundi 10 juin 2019 à 16h51

À l'occasion des 75 ans du massacre d'Oradour-sur-Glane, France 3 Nouvelle-Aquitaine s'est entretenue avec le dernier témoin, encore en vie.

Les commémorations du 75e anniversaire du massacre d'Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) se déroulaient ce lundi 10 juin 2019. À cette occasion, Robert Hébras, dernier survivant encore en vie, était l'invité de l'émission spéciale "Tulle, Oradour : oublions-nous l'Histoire ?", diffusée sur France 3 Nouvelle-Aquitaine dimanche 9 juin.

Aujourd'hui encore, il se demande comment il a pu échapper à la mort, alors que 642 habitants de ce village paisible ont péri le 10 juin 1944, brûlés ou abattus par les nazis. Depuis ce jour, Robert Hébras, 93 ans, n'a cessé d'arpenter les ruines, laissées en l'État, pour raconter cette terrible journée aux enfants et adolescents. Un devoir de mémoire. "Je vois encore ces enfants qui devaient être enfermés dans l'église", se remémorait le dernier survivant en 2017 lors des commémorations en présence d'Emmanuel Macron.




Un manque d'entretien

Mais à 93 ans, Robert Hébras ne souhaite désormais plus retourner dans les ruines, "écœuré" par le manque d'entretien. "Pour moi, c'est un drame." Le dernier survivant du massacre d'Oradour-sur-Glane souhaite désormais que le temps fasse son œuvre. "Moi je crois qu'il faut attendre qu'elles disparaissent d'elles-mêmes, quoi qu'on fasse, elles disparaitront. Qu'on fasse des travaux dans l'église, quelques travaux dans les ruines surtout pour la sécurité, je crois que les ruines ne resteront jamais comme elles sont aujourd'hui et comme elles étaient il y a 70 ans", a-t-il lancé sur le plateau de France 3, en présence de François Hollande. Si des crédits viennent d'être débloqués pour consolider l'église, Robert Hébras lui privilégie le devoir de mémoire, un patrimoine immatériel fragile.

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