Ollioules : qui est Catherine Santos, tuée par une balle perdue lors d'un règlement de comptes ?

Ollioules : qui est Catherine Santos, tuée par une balle perdue lors d'un règlement de comptes ?
Le couple, victime de balles perdues, était en vacances à Ollioules, où il possède une résidence secondaire (illustration).
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, publié le mardi 30 juillet 2019 à 11h56

Dimanche soir, une fusillade a éclaté à Ollioules, faisant deux victimes collatérales. Catherine Santos, 58 ans, tuée par une balle perdue, et son époux Philippe, 59 ans, gravement blessé mais dont les jours ne sont plus en danger, circulaient en scooter au moment des faits. 

Vesoul (Haute-Saône) était sous le choc lundi 29 juillet après avoir appris la mort de l'une de ses habitantes, Catherine Santos.

Propriétaire d'une résidence secondaire à Ollioules, elle a été la victime collatérale d'un probable règlement de comptes, tout comme son mari, Philippe, grièvement blessé dans la fusillade. Ils venaient d'arriver dans la commune varoise pour y passer leurs vacances. 

Catherine Santos "était une battante qui se donnait beaucoup", selon un proche. Elle avait créé une entreprise fromagère à Mailley-Chazelot (Haute-Saône), à une quinzaine de kilomètres au sud de Vesoul où elle avait été juge consulaire au tribunal de commerce pendant cinq ans.



"Je suis attristé, consterné. C'était une femme intelligente, dévouée, disponible et d'une grande gentillesse", a déclaré à l'AFP Jacky De Sousa, ancien président du tribunal. "C'est affreux, je ne réalise pas. On est bouleversé par la nouvelle", a ajouté la greffière, Valérie Goyet-Binda.

Parents de deux enfants 

Catherine et Philippe Santos, 58 et 59 ans, ont eu deux enfants, un garçon et une fille, selon un proche de la famille. Philippe Santos est "directeur produit" d'une entreprise de fabrication de fils d'acier à Conflandey (Haute-Saône). "Catherine est née d'une famille de Conflandey et sa maman travaillait dans notre usine", a confié à l'AFP le directeur de cette tréfilerie, Patrice Colinet.

Catherine "était une femme absolument charmante. Ce sont des gens qui ne demandent rien à personne et malheureusement c'est ceux qui ont reçu une balle perdue. C'est insensé !", s'est-il scandalisé. "J'ai eu personnellement Philippe (Santos) ce matin au téléphone, je n'ai pas reconnu sa voix. Il m'a dit qu'il était gravement blessé et qu'il allait s'en tirer", a poursuivi Patrice Colinet, avant de s'interroger : "Quel est le niveau de gravité de sa blessure ? Aura-t-il des séquelles ?"


"Très apprécié pour son côté humain" 

"Philippe travaille depuis 35 ans dans l'usine, c'est un directeur produit dont l'expertise est incomparable", un "collaborateur extrêmement précieux, très apprécié aussi pour son côté humain", a ajouté le directeur. Celui-ci a relevé "l'impact émotionnel considérable de cette nouvelle au sein de l'entreprise car tout le monde se connaît très, très bien".

"Nous avons appris cette nouvelle avec une extrême tristesse", a souligné le maire (Agir) de Vesoul, Alain Chrétien qui s'est entretenu dans la matinée avec son homologue d'Ollioules. "Je connaissais ces Vésuliens entreprenants et dynamiques" et "nous pensons à leurs deux enfants" et "à toute la famille en ces moments dramatiques", a-t-il dit, souhaitant "que leur papa sorte très vite de l'hôpital". Désormais, le maire de Vesoul fait "confiance à la justice pour retrouver les assassins".

Des cibles bien connues des services de police

Trois personnes sont décédées dans cette fusillade, les deux hommes visés par les tirs et Catherine Santos. Âgés de 29 et 30 ans, ces deux hommes originaires de La-Seyne-sur-Mer et d'Ollioules ciblés par les tueurs étaient connus des services de police et de la justice, pour des faits de violences et de violences aggravées pour le premier, des délits liés au trafic de stupéfiants pour le second. Près des corps des deux hommes, décédés à l'hôpital, les enquêteurs ont trouvé une sacoche contenant un pistolet automatique 7.65, 200 grammes de résine de cannabis prête à la vente et des espèces. "Le pistolet était chargé", mais aucune balle n'était engagée dans le canon de l'arme, a précisé le magistrat.
 

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