Olivier Duhamel accusé d'inceste : "Nous côtoyons tous des victimes et des agresseurs sans le savoir", se défend Elisabeth Guigou

Olivier Duhamel accusé d'inceste : "Nous côtoyons tous des victimes et des agresseurs sans le savoir", se défend Elisabeth Guigou
Elisabeth Guigou en mars 2019.

, publié le mercredi 06 janvier 2021 à 08h50

Proche d'Olivier Duhamel, la présidente de la toute nouvelle commission sur l'inceste affirme avoir "découvert cette histoire dans la presse cette semaine".

Dans une vidéo publiée mardi soir par le média en ligne Loopsider, Elisabeth Guigou, présidente de la toute nouvelle commission sur l'inceste et citée parmi les proches d'Olivier Duhamel, a estimé qu'il fallait "saluer le courage de Camille Kouchner", belle fille du politologue, qui l'accuse d'avoir agressé sexuellement son frère lorsqu'ils étaient adolescents. "Ce n'est pas facile" des années après "d'exprimer ça (...) surtout quand le silence a été là pendant si longtemps", a ajouté l'ancienne garde des sceaux socialiste.



Quand elle a "découvert ça (...) dans la presse", la "première pensée" de l'ancienne ministre "a été pour ces enfants, ces trois enfants", confie-t-elle.

"C'est un crime. Voilà, c'est un crime", poursuit-elle. "J'ai envoyé tout de suite un message hier (lundi) soir (à Camille Kouchner) pour lui dire 'J'imagine votre souffrance, celle de votre famille et si vous souhaitez vous exprimer devant la commission, dites-le moi'", a ajouté Elisabeth Guigou, qui connait "cette famille depuis la fin des années 90".

L'ancienne ministre, s'est également défendue d'avoir eu connaissance de ces accusations, estimant que "nous côtoyons tous des victimes et des agresseurs sans le savoir". "Je ne fais pas exception à la règle", a déclaré à L'Obs l'ancienne garde des sceaux. "Le silence pendant des années de cette famille, que je connais, nous montre combien il faut être courageux pour que ce tabou puisse être levé", a-t-elle ajouté.


"A titre personnel mais également en tant que présidente de la commission sur l'inceste, je m'interroge sur le rôle que chacun doit jouer pour que les enfants ne soient pas seuls face à leur agresseur, sans recours, sans que leur voix soit entendue, sans qu'une réponse ne leur soit donnée au bon moment", a poursuivi cette figure du PS.

Depuis le 10 décembre, Elisabeth Guigou est à la tête d'une commission indépendante sur l'inceste et toutes violences sexuelles faites aux enfants, calquée sur le modèle de la Commission Sauvé sur les abus sexuels dans l'église. Cette instance, dont la mission est prévue pour durer deux ans, doit permettre "que notre société avance sur ce sujet, ses travaux doivent permettre ce changement", espère-t-elle.

"Il faut qu'on arrive à parler" de l'inceste, "c'est l'objet de la commission", car "c'est la condition pour que les victimes puissent se reconstruire, pour qu'elles puissent partager leur fardeau épouvantable" et "pour qu'on puisse prendre en charge les auteurs pour ne pas qu'ils recommencent", a estimé l'ancienne ministre.

"Reconnaissante" envers les "mouvements féministes" qui "ont dit 'on ne peut plus se taire là-dessus, on ne peut plus avoir la moindre indulgence'", elle "espère qu'avec cette commission" pourra se "créer une dynamique de la parole libérée, de l'interrogation de l'ensemble des institutions, de la société, des individus", afin d'"empêcher" que "ces tragédies" se produisent, a-t-elle encore souhaité.

Dans "La Familia grande", à paraître jeudi aux éditions du Seuil, Camille Kouchner, fille de l'ancien ministre Bernard Kouchner, révèle que son frère jumeau a été victime d'inceste par son beau-père, le politologue Olivier Duhamel, lorsqu'il avait 14 ans. Le parquet de Paris a ouvert mardi 5 janvier une enquête pour "viols et agressions sexuelles" contre Olivier Duhamel.

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