Oise : 3.000 renards doivent être abattus, les écologistes vent debout

Oise : 3.000 renards doivent être abattus, les écologistes vent debout©Panoramic

publié le mardi 10 août 2021 à 16h20

Un projet d'arrêté préfectoral prévoit l'abattage de 3.000 renards au total dans le département de l'Oise d'ici fin mars 2022. Les associations écologistes montent au créneau, rapporte Le Parisien. 

Dans l'Oise, la tension monte entre chasseurs et autorités d'un côté et écologistes de l'autre.

La raison : l'abattage prévu de quelque 3.000 renards d'ici à fin mars 2022. Un premier arrêté préfectoral paru le 23 juillet dernier avait finalement été jugé illégal, rapporte Le Parisien le 10 août. Il autorisait des lieutenants de louveterie, c'est-à-dire des chasseurs bénévoles, à abattre 1.370 renards sur une zone comprenant huit secteurs dans le département. Les textes, simplement affichés en mairie, avaient été dénoncés par l'association écologiste Agir pour le vivant et les espèces sauvages (AVES). Affichés sans consultation publique préalable, ils étaient donc illégaux, selon l'association. L'arrêté avait finalement été retiré après un recours gracieux auprès du ministère de la Transition écologique ainsi qu'auprès de la préfecture de l'Oise et de la Direction départementale des territoires (DDT). 



Toutefois, si les autorités ont admis une « erreur », elles affirment envisager un nouveau texte, dans les règles, et qui prendra en compte désormais quinze circonscriptions au lieu de huit, soit toute l'Oise. Objectif : réguler la population du renard sur le territoire, animal considéré comme une espèce nuisible, prédateur des poules et des petits gibiers. Et avec la crise sanitaire, le nombre de renards a explosé puisque la chasse a été annulée et qu'il n'y a eu ni prélèvement ni piégeage en 2020.  

Surpopulation de renards 

Avec le nouvel arrêté, chaque lieutenant de louveterie pourra donc abattre 200 renards, soit 3.000 en tout, bien plus que les 1.370 au départ, ce qui fait bondir les associations écologistes locales. Pour Christophe Coret, président de l'association AVES France, l'arrêté « ne s'appuie sur aucun chiffre précis, seulement sur des arguments éculés et déjà rejetés par de nombreux tribunaux administratifs ». Il dénonce un « massacre » organisé et annonce que l'association attaquera le texte après la consultation, précise le quotidien francilien. 

Le président de la Fédération des chasseurs de l'Oise se défend de vouloir faire de l'argent en organisant des chasses au petit gibier, comme l'avance le président d'AVES France. « On plaide pour un retour du petit gibier. Les actions de chasse aux gros gibiers sont plus chères, de l'ordre de 2.800 à 3.000 euros. Elles attirent moins », admet auprès de nos confrères Guy Harlé d'Ophove. Mais il pointe du doigt la surpopulation de renards et la nécessité de réguler. « Aucun animal n'est nuisible. C'est à partir d'un certain nombre qu'il pose problème. Le renard n'a pas de prédateur et prolifère vite. Tout est une question d'équilibre. Notre intérêt n'est pas de l'éradiquer mais de le réguler. Il est très utile dans la nature, car il mange les animaux malades et les charognes. Mais, là, c'est la profusion ! », s'agace-t-il. 

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