Offensive turque : Emmanuel Macron réunit un Conseil restreint de défense

Offensive turque : Emmanuel Macron réunit un Conseil restreint de défense
Emmanuel Macron dans une allocution le 13 octobre 2019.
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Orange avec AFP-Services, publié le dimanche 13 octobre 2019 à 18h00

Le président de la République qui recevait la chancelière allemande Angela Merkel a expliqué qu'il craignait une "situation humanitaire insoutenable" et la résurgence de l'Etat islamique dans la région. 

Alors que le régime de Damas annonçait envoyer des troupes au nord de la Syrie pour contrer l'offensive turque, Emmanuel Macron a déclaré qu'un Conseil restreint de défense se tiendrait à partir de 22 h. "Notre volonté commune est que cette offensive cesse. Notre conviction à l'un et l'autre est que cette offensive prend le risque d'une part, et nous ne constatons d'ores et déjà sur le terrain, de créer des situations humanitaires insoutenables et, d'autre part d'aider Daech à réémerger dans la région", a-t-il déclaré.

Dans la soirée, les forces kurdes avaient annoncé un accord avec le régime de Damas pour l'envoi de troupes syriennes le long de la frontière turco-syrienne. Un peu plus tôt, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye avait également appelé la Turquie à "terminer au plus vite son intervention contre les Kurdes". 




La France, à travers la voix de la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, a exprimé ses inquiétudes après l'annonce de la fuite de plus de 800 proches de djihadistes dans le contexte de l'intervention turque en Syrie. "Evidemment que nous sommes inquiets par rapport à ce qui pourrait se passer et c'est la raison pour laquelle nous souhaitons que la Turquie (...) termine au plus vite l'intervention qu'elle a commencée, que nous avons évidemment condamnée", a-t-elle déclaré sur France 3.

Pas de profils établis

Et d'ajouter : "Je ne sais pas, aujourd'hui, qui sont exactement les personnalités qui se sont enfuies du camp, c'était depuis le début de cette intervention armée une préoccupation pour la France", a-t-elle insisté, en mentionnant les "djihadistes français dont nous avons toujours considéré qu'ils devaient être jugés sur place".

"Nous avons une diplomatie qui est extrêmement active", a aussi souligné Sibeth Ndiaye. Elle a rappelé que "le président de la République a eu l'occasion d'échanger avec Donald Trump pour lui rappeler ce qu'étaient les préoccupations françaises", et "la condamnation unanime de l'Union européenne vis-à-vis de cette offensive unilatérale sur le sol syrien".

Réunion d'urgence

La France a demandé d'abord une réunion du Conseil de sécurité à l'ONU, puis une réunion des membres de la coalition internationale qui agit actuellement en Syrie. "Nous avons également annoncé que nous ne fournirions plus d'armes à la Turquie", a-t-elle développé, expliquant qu'il y a "déjà des populations qui sont déplacées, on peut craindre une grave crise humanitaire sur place".

Les combats font rage au cinquième jour d'une offensive turque qui a provoqué un tollé international et entraîné la mort de plus de 150 personnes, dont une cinquantaine de civils, et l'exode de plus de 130 000. Dimanche, quelque 300 personnes de la communauté kurde de Toulouse, mais également des militants de partis de gauche, se sont rassemblés sur une place du centre, avant défiler en scandant : "Erdogan assassin". "Si vous êtes tranquilles dans vos vies, si vous pouvez bien dormir, s'il n'y a plus d'attentats chez vous, c'est grâce au combat des Kurdes", a lancé à l'adresse des Européens Nafiyé Atac, une des figures de la communauté kurde à Toulouse.

Des familles appellent au rapatriement

Des familles de jihadistes français se trouvant en Syrie ont de leur côté pressé dimanche le gouvernement de les rapatrier d'"urgence", eux et leurs enfants.




"Avant que la situation n'empire, avant que des enfants innocents soient tués ou blessés en plus grand nombre, avant que les prisonniers étrangers ne se dispersent dans le chaos syrien, le gouvernement français et les gouvernements européens doivent enfin réagir, et réagir conformément au droit international humanitaire et aux principes fondamentaux de la protection de l'enfance", rappelle le "Collectif des familles unies".

Ce collectif "appelle le gouvernement français à rapatrier dans l'urgence les enfants français innocents pris au piège de la guerre en Syrie, et - pour des raisons de sécurité qui paraissent à présent évidentes - de rapatrier également leurs parents".

"Dans le camp d'Aïn Issa, des détenues et leurs enfants ont fui le camp ou se sont réfugiées dans des annexes, pour échapper aux bombardements", poursuit le collectif . "Les enfants sont terrorisés, et ce sont encore les plus faibles, les plus vulnérables, qui souffrent dans leur chair de l'inaction des pays dont ils sont les ressortissants". 

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