Nouvelles dépenses et casse-tête en vue pour le budget 2017

Nouvelles dépenses et casse-tête en vue pour le budget 2017

François Hollande multiplie les gestes budgétaires ces dernier jours pour tenter de calmer la grogne sociale qui agite le pays.

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Orange avec AFP, publié le samedi 04 juin 2016 à 09h35

Jeunes, chercheurs, enseignants, collectivités locales... La liste des dépenses nouvelles promises par François Hollande et le gouvernement s'allonge semaine après semaine. Un casse-tête en perspective pour Bercy, qui va devoir faire preuve d'imagination pour boucler son budget 2017.

Exit la rigueur mise en œuvre - à défaut d'être revendiquée - lors des premières années du quinquennat ? Englué dans une popularité au plus bas à moins d'un an de la présidentielle, François Hollande a multiplié les annonces ces derniers jours, face à la grogne sociale qui agite le pays.

Critiqué par plusieurs personnalités du monde scientifique, le chef de l'État a d'abord renoncé aux annulations de crédits de 134 millions d'euros prévues en 2016 sur le budget des organismes de recherche, dans le cadre d'un décret d'avance validé par Bercy.

Mardi, ce sont les revalorisations de salaires pour les enseignants, moins bien payés en France que dans le reste de l'OCDE, qui ont été détaillées. Bilan de cette hausse, échelonnée sur plusieurs années : 500 millions d'euros en 2017, puis un milliard en 2020. Le chef de l'État a enfin accédé à la demande des élus locaux, en annonçant jeudi une diminution de deux à un milliard d'euros de la baisse des dotations de l'Etat aux communes en 2017, et la reconduction pour un an du fonds d'investissement d'urgence créé en 2016, porté à 1,2 milliard d'euros.

"TRÈS GÉNÉREUX AVEC NOS IMPÔTS"

Ces concessions, qui s'ajoutent a une longue liste de mesures annoncées depuis le début de l'année (plan pour l'emploi, aides aux agriculteurs, garantie jeunes...) viennent alourdir la facture des nouvelles dépenses pour l'État. A charge pour Bercy de trouver les clés pour résoudre cette difficile équation budgétaire. "Le président de la République, depuis le début de l'année, est très généreux avec nos impôts", a ainsi grincé vendredi Gilles Carrez, président (LR) de la Commission des finances de l'Assemblée nationale, sur Europe 1. "Il faut que le gouvernement nous explique comment on va financer tout ça".

Pour 2016, la hausse des dépenses devrait a priori être contenue. Début mai, le gouvernement les évaluait à 4 milliards d'euros, un chiffre à la portée des finances publiques. "Le déficit a été moins élevé que prévu en 2014 et 2015. Ca a donné des marges de manœuvres", rappelle ainsi Raul Sampognaro, de l'OFCE. L'addition sera en revanche plus salée pour 2017, année où les mesures annoncées entreront pleinement en vigueur, à l'image de la revalorisation du point d'indice des fonctionnaires. Selon Gilles Carrez, le coût global des nouvelles dépenses pourrait alors atteindre 8 à 10 milliards d'euros.

DES ENGAGEMENTS À TENIR

Le gouvernement, qui a promis à Bruxelles de ramener le déficit public sous la barre des 3% l'année prochaine, pourra-t-il tenir cet objectif ? "C'est mal engagé", juge Alain Trannoy, directeur de recherche à l'EHESS, pour qui ces dépenses nouvelles sont "difficilement compatibles avec une réduction du déficit". "C'est faisable" mais "à condition que la reprise de la croissance se confirme", estime pour sa part Valérie Rabault, rapporteure PS du Budget à l'Assemblée nationale, qui rappelle qu'"un point de croissance en plus" rapporte "10 milliards de recettes supplémentaires". Selon les prévisions publiées vendredi par la Banque de France, la croissance ne devrait toutefois progresser que de façon marginale l'an prochain, à 1,5% du PIB, après "au moins" 1,4% cette année.

Vendredi, l'UE a prévenu qu'elle ne ferait pas preuve de largesse, par la voix de son commissaire aux Affaires économiques Pierre Moscovici. "La France a pris des engagements. Elle doit les tenir", a-t-il martelé, jugeant qu'il n'y avait "pas d'autre alternative que d'être en dessous de 3% en 2017". Du côté du ministère des Finances, on assure depuis plusieurs semaines que les engagements seront tenus. "Toute nouvelle mesure est et sera intégralement financée par des mesures compensatoires", a répété Michel Sapin, ajoutant que le gouvernement ferait preuve de "sérieux".

Le 23 mai, le ministre des Finances, Michel Sapin a expliqué que l'ensemble des ministères non prioritaires devra faire les "économies nécessaires" pour compenser les dépenses supplémentaires réalisées dans l'éducation, la sécurité ou la Justice. Michel Sapin n'a en revanche pas souhaité confirmer les chiffres avancés lundi par Les Echos, qui évaluent ces économies complémentaires à 1,9 milliard d'euros pour l'Etat et ses opérateurs. Selon le quotidien économique, Manuel Valls a demandé aux ministres de réduire de 2% leurs effectifs et de stabiliser la masse salariale, pour augmenter encore de 2 milliards les économies réalisées, comme prévu dans le programme de stabilité.

Bercy, qui s'est déjà engagé à réaliser 18,7 milliards d'économies en 2017, dans le cadre de son plan d'économies de 50 milliards d'euros sur trois ans, va néanmoins avoir la tâche dure. D'autant que François Hollande a annoncé une nouvelle baisse d'impôt pour les ménages, si le contexte économique le permet.
 
98 commentaires - Nouvelles dépenses et casse-tête en vue pour le budget 2017
  • Quand cessera t on de nous prendre pour des imbéciles.....pour Sarkozy ,les depenses étaient inhérentes à la crise...c'était ,vrai pour 70%,le reste etait électoraliste,pour Hollande,la faute incombe à la sécurité,c'est faux a 95%......il serait temps que les francais comprennent un peu "l'economie d'un pays" et sanctionnent tous ces farceurs qui nous mènent au chaos......où est l'homme providentiel qui mi dira enfin la vérité au peuple et le mènera vers son salut
    ....un seul,aujourd'hui parle vrai,c'est Fillon ,pourtant à droite,et Dans une moindre mesure Lemaire...puisse la France réagir opportunément ........espérons encore ....

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    memoire_solide  (privé) -

    Les chiffres fournis sont- ils aussi sincères que ceux fournis par les banques?
    Bah, il faudra un collectif budgétaire pour pallier les aléas climatiques.

  • Il s'en fiche completement ce sera la faute de celui avant lui( Sarkozy) et de celui aprés

  • Si bon calcul que cela ? Avec ses largesses à crédit, Hollande va peut-être grappiller quelques voix s'il réussit à se représenter. Car selon une citation, la confiance est un "sentiment par lequel les salauds nous trompent et grâce auquel nous trompons les gogos". Mais ne va-t-il pas en perdre quelques-unes de la part des fonctionnaires (et pas seulement eux) qui vont subir des restrictions budgétaires ?

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    memoire_solide  (privé) -

    Rassurons tous les innocents. La crise financière emportera toutes les illusions et supputations. Que croyez vous que font la Bce et la Fed sinon rougir la planche à billets? Ah la belle bulle obligataire...à venir.
    Et ce pauvre Moscovici si méprisant envers Mlp, confit dans ses certitudes, a-t-il trouvé ses 360Md pour la croissance et 60Md pour l'intégration de l'Ukraine? Pitoyable de suffisance! Il critique sa propre action!
    Peut-il nous dire comment il a trouvé 10,3 Md pour sauver la Grèce? Même question à de Calan et à Juppé!

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