Nouvelle rixe entre bandes rivales dans l'Essonne : un adolescent tué à Boussy-Saint-Antoine

Nouvelle rixe entre bandes rivales dans l'Essonne : un adolescent tué à Boussy-Saint-Antoine©AFP

publié le mardi 23 février 2021 à 20h45

Ce décès intervient moins de 24 heures après la mort d'une collégienne de 14 ans, blessée lors d'une rixe à Saint-Chéron, dans le même département.

Les affrontements entre bandes rivales ont fait une nouvelle victime dans l'Essonne. Après la mort lundi d'une collégienne de 14 ans, blessée lors d'affrontements entre jeunes à Saint-Chéron, un adolescent est mort mardi 23 février dans la commune de Boussy-Saint-Antoine après une rixe.

Les deux affaires ne semblent pas être liées, selon le parquet d'Evry.



Le garçon décédé mardi, âgé de 14 ans, a été tué "très probablement d'un coup de couteau au ventre", a indiqué la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP). Un autre adolescent, âgé de 13 ans, a été blessé à la gorge. Dans un état grave, il a été transporté par hélicoptère à l'hôpital. 

La rixe, qui a eu lieu près de la piscine de Boussy-saint-Antoine, a opposé "une trentaine de jeunes" venus d'Epinay-sous-Sénart et de Quincy-sous-Sénart, deux villes de ce même département, situé au sud de Paris. L'auteur des coups mortels s'est rendu à la police, a indiqué la DDSP. Au total, sept gardes à vue étaient en cours mardi soir, selon le parquet d'Evry. 

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, qui s'est rendu à Dourdan mardi soir pour "apporter son soutien aux élus et aux habitants de l'Essonne", a annoncé qu'"une centaine de gendarmes et de policiers supplémentaires" allaient être dépêchés dans le département, pour qu'"il ne puisse pas y avoir de répliques ou de confrontations nouvelles".

Le ministre, qui a évoqué une "explosion de rencontres violentes", a souligné la difficulté d'anticiper ces rixes entre bandes de jeunes, qui "concernent principalement l'Île-de-France", et dans lesquelles, selon lui, "le mimétisme des réseaux sociaux" joue un rôle important, ainsi que les "messageries cryptées". Il a également indiqué qu'une réunion des préfets de la région allait se tenir "en fin de semaine" pour travailler à une "amélioration" de ce qui peut être fait pour lutter contre ce phénomène de rixes. 


Ce décès à Boussy-Saint-Antoine intervient moins de 24 heures après la mort d'une collégienne de 14 ans, frappée d'un coup couteau lors d'une rixe à Saint-Chéron, opposant des jeunes de Dourdan et de Saint-Chéron. Six jeunes, âgés de 13 à 16 ans, ont été placés en garde à vue dans cette affaire. Trois d'entre eux ont été interpellés dans une gare, les trois autres se sont rendus spontanément à la gendarmerie. L'arme du crime, un opinel, a été retrouvé et l'un des jeunes a reconnu "son implication dans le coup mortel", a rapporté la procureure d'Evry, Caroline Nisand. Il était déjà connu pour deux infractions mais sans lien avec des faits de violences. L'adolescente tuée, dernière d'une fratrie de quatre enfants, était scolarisée en classe de troisième au collège de Dourdan.

A la suite du décès de l'adolescente, Caroline Nisand a évoqué un département "gangréné" par les affaires entre bandes rivales qui "placent les mineurs en première ligne". "Nous sommes dans un phénomène de revendication d'une autorité sur un territoire, une ville ou parfois un simple quartier, sans que cela soit nécessairement en lien avec le trafic de stupéfiants", a expliqué la magistrate.

Le préfet de l'Essonne, Eric Jalon, avait lui évoqué des faits d'une extrême gravité. Il avait fait savoir qu'il avait demandé à la gendarmerie "de renforcer la surveillance et la vigilance dans le secteur de Saint-Chéron, Dourdan et les communes avoisinantes pour éviter toute propagation de ce phénomène à court terme". Il avait également annoncé une réunion lundi prochain avec "les maires de la dizaine de communes les plus concernées par ce phénomène dans le département" ainsi que "les entreprises de transports et l'Education nationale". Il s'agit de doter "chacun de ces secteurs d'un véritable dispositif anti-rixes", avait-il dit. 

Alors qu'un plan de lutte contre les bandes violentes a été lancé en 2010 par la préfecture de police de Paris, depuis cinq ans, le nombre de bandes apparaît stable, tant sur l'agglomération parisienne que sur la capitale, souligne-t-on de source policière, en précisant que "46 bandes actives" ont été recensées dont "15" à Paris. Dans la capitale, il y a eu deux décès en 2020, contre un en 2019, trois en 2018 et quatre en 2017. Le nombre de blessés s'est élevé à 72 en 2020, contre 59 en 2019, 71 en 2018, 109 en 2017, selon la même source.

 

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