Nouveau numéro de "La Bougie du Sapeur", le seul quotidien qui sort tous les 4 ans

Nouveau numéro de "La Bougie du Sapeur", le seul quotidien qui sort tous les 4 ans
le Vicomte Jean d'Indy, rédacteur en chef de "La Bougie du Sapeur", tient un exemplaire du journal qui sort tous les quatre ans, le 24 février 2016 à Paris

, publié le mercredi 26 février 2020 à 18h22

En 40 ans d'existence, ce journal unique en son genre s'apprête à sortir son onzième numéro: "La Bougie du Sapeur", curiosité journalistique qui sort tous les 29 février, a décidé de rajeunir son équipe pour s'assurer un avenir.

Avec ses vingt pages de calembours, jeux de mots, vraies et fausse interviews, billets grivois et commentaires plus ou moins sérieux sur l'actualité des quatre dernières années, "La Bougie du Sapeur", en kiosque dès vendredi, entend défendre le "politiquement incorrect".

En une de ce numéro à la maquette rouge et noire, un papier sur le coq Maurice, un titre annonçant le retour de feu Thierry Le Luron, un autre sur l'usage de l'anglais en temps de Brexit et des entretiens d'Hélène Darroza, Cédric Villani et Philippe Chevallier.

"Les grandes rubriques sont celles d'un quotidien que l'on retrouve de manière systématique: vie politique, vie économique, vie internationale et puis plus vous avancez dans le journal, plus vous avez des sujets plus légers: le spectacle, le sport, et la cerise sur le gâteau pour un journal qui a notre périodicité, nous avons évidemment une page +Dernière minute+", détaille son rédacteur en chef, le truculent Vicomte Jean d'Indy.

Cette année, sa femme Valérie Vrinat, ancienne propriétaire du groupe Taillevent (cave et restaurant gastronomique), a pris la plume pour recommander "20 vins pour 2020".

Le journal, né d'un gag en 1980, a été baptisé "La Bougie du Sapeur" en référence à un personnage de bande dessinée créé à la fin du XIXe siècle, le Sapeur Camember, dont l'anniversaire tombait un 29 février.

Une équipe d'une dizaine de bénévoles, dont certains sont journalistes, le font vivre tous les quatre ans. Nouveauté cette année, des vingtenaires ont intégré la rédaction: "on a rajeuni la moyenne d'âge car il faut qu'on prépare la suite", explique Jean d'Indy.

L'une de ces nouvelles recrues, Melchior Riant, journaliste de 25 ans qui travaille pour Technikart et dont le père est un ami de Jean d'Indy, apprécie "la liberté de ton", "les conférences de rédaction qui ont lieu au resto et avec du bon vin".

"J'espère que les gens qui le lisent se renouvelleront. C'est important que des gens plus jeunes participent, on a pu confronter les points de vue de deux générations qui n'ont pas eu les mêmes vies", poursuit-il.

- "Humour gaulois" -

"La bougie c'est un conservatoire de l'humour gaulois. Il y a des jeux de mots, des à peu près, des contrepèteries, il y a toutes les formes d'humour de la tradition française, il faut qu'on la perpétue et donc il faut que l'on demande à des jeunes de se plonger dans notre univers et de prolonger ce que l'on a construit", souligne Jean d'Indy.

Après le "Sapeur Dimanche", le "Sapeur Madame" et "La Bougie du zappeur", cette année un supplément "Sapeur écolo" est proposé, "notre concession à la modernité", raille le rédacteur en chef.

"Je suis dans le cahier écologie parce que je dis dans ma tribune que peut-être l'une des réponses à la problématique écologique ce n'est pas le durable, mais au contraire l'éphémère, les plaisirs simples, le fait de mourir tôt", raconte sa jeune recrue un brin provocatrice.

Autre concession au monde moderne, une page Facebook qui permet au titre de garder le lien avec ses lecteurs, essentiellement des collectionneurs et des natifs du 29 février.

Tiré à 200.000 exemplaires, le journal est vendu au prix de 4,80 euros en France, Belgique, Luxembourg et Suisse. Le numéro 10 s'était écoulé à 130.000 exemplaires.

Les ventes permettent à ce journal sans publicité de financer son prochain numéro. Il reverse aussi une partie de ses recettes à l'association "A tire d'aile", qui accompagne les personnes autistes et épileptiques.

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