Nouveau coronavirus: les premiers rapatriés français sur le point d'arriver

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Des résidents français lors d'un entretien avec l'AFP sur une éventuelle évacuation de la ville chinoise, le 26 janvier 2020 à Wuhan
Des résidents français lors d'un entretien avec l'AFP sur une éventuelle évacuation de la ville chinoise, le 26 janvier 2020 à Wuhan
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© AFP, Hector RETAMAL

, publié le vendredi 31 janvier 2020 à 09h49

Les quelque 200 rapatriés français de Wuhan en Chine, épicentre de l'épidémie causée par un nouveau coronavirus, doivent arriver à la mi-journée sur le sol français, où ils seront mis à l'isolement 14 jours dans un centre de vacances à Carry-le-Rouet, près de Marseille.

Leur avion a décollé de Wuhan vendredi à 7H07 locales (00H07 heure française) et doit atterrir à Istres après environ 12 heures et demie de vol, ont déclaré aux passagers des membres de la délégation officielle française, selon des journalistes de l'AFP à bord.

Par ailleurs, un sixième cas d'infection au nouveau coronavirus a été détecté en France: il s'agit du "premier cas annoncé" de contamination sur le sol français, a précisé la Direction générale de la Santé (DGS) à l'AFP. Un "médecin libéral" contaminé en France par une personne ensuite rentrée en Chine, où elle a déclaré la maladie, a précisé le directeur général de la Santé Jérôme Salomon.

Le médecin a été hospitalisé "en isolement" à Paris et "son état n'inspire pas d'inquiétude", selon le Pr Salomon.

Hormis la Chine, ces cas de contagion directe entre humains ont déjà été observés au Vietnam, en Allemagne, au Japon et aux Etats-Unis.

Une fois arrivés, les Français rapatriés de Wuhan seront mis à l'isolement dans un centre de vacances de Carry-le-Rouet, une ville au bord de la Méditerranée.

Il s'agit de personnes qui ne présentent pas de symptômes.

- Une chambre par famille -


"Le cahier des charges était assez clair, (il fallait) un lieu agréable" et "un endroit où il y avait suffisamment de place", a souligné le Pr Salomon. 

Selon lui, il n'était "pas question de mettre ces personnes dans des lieux de détention ou de soins alors qu'elles ne sont pas malades".

Environ 80 réservistes sanitaires, "se relayant par équipes", sont mobilisés au sein du centre, "pour une durée de deux semaines renouvelable une fois", précise un arrêté publié dans la nuit.

Pendant leur période d'isolement, les rapatriés vont faire l'objet d'une surveillance médicale pour s'assurer qu'elles ne sont pas contaminées par le virus. "On va leur demander de prendre leur température, d'avoir un masque".

Des habitants de Carry-le-Rouet sont "dans l'angoisse, me disant: +est-ce que c'est sûr qu'ils ne sont pas contaminés?+", a toutefois indiqué à l'AFP le maire, Jean Montagnac.

Regrettant d'avoir été informé "par la presse" du choix de sa ville avant de l'être par le gouvernement, l'édile s'est toutefois voulu rassurant: "Je n'ai pas d'inquiétude car même s'il y avait quelqu'un qui soit contaminé et qu'on le sache pas, ils seront confinés dans un endroit inaccessible ou presque".

Ces rapatriés seront placés "par familles dans des chambres distinctes", a de son côté précisé le préfet de la région Paca, Pierre Dartout, lors d'une conférence de presse à Marseille.

"Ils pourront sortir dehors, dans l'enceinte du centre", a-t-il ajouté, en précisant qu'alors, "ils prendront les équipements nécessaires pour se protéger et protéger les autres, par exemple des masques".

Ces personnes devront signer "un engagement" à respecter la quarantaine.

- Gendarmes positionnés -

"Les gendarmes ont été positionnés pour éviter toute pénétration dans le site", a déclaré le préfet, selon qui, pourtant, "il ne faut surtout pas entretenir les psychoses" mais bien "rassurer l'ensemble des habitants du secteur".

Avant de partir, les passagers ont passé un examen médical à l'aéroport de Wuhan, a constaté un journaliste de l'AFP.

Mardi, la Commission européenne avait indiqué qu'un second vol était prévu "plus tard dans la semaine", afin d'évacuer d'autres Français et des ressortissants d'autres pays européens. 

Pour l'heure, le nombre de patients contaminés est monté à près de 10.000 en Chine continentale (hors Hong Kong) et 213 patients sont morts. Une centaine de malades ont été répertoriés dans une vingtaine d'autres pays, et aucun patient n'est mort hors de Chine.

La compagnie Air France a suspendu tous ses vols réguliers à destination et en provenance de Chine continentale jusqu'au 9 février. Le défilé du Nouvel An chinois prévu dimanche à Paris a été reporté au printemps.

"Nous sommes dans la vigilance la plus extrême", a affirmé le président de la République Emmanuel Macron.

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