"Nous ne pouvons pas rester confinés" : Édouard Philippe souligne la situation économique "critique"

"Nous ne pouvons pas rester confinés" : Édouard Philippe souligne la situation économique "critique"
Édouard Philippe à Paris, le 30 avril 2020.

, publié le lundi 04 mai 2020 à 16h57

"La vie économique doit reprendre impérativement et rapidement", a expliqué le Premier ministre.

Devant les sénateurs, Édouard Philippe a insisté lundi 4 mai sur la nécessité de sortir du confinement et de redémarrer l'activité économique en France, lors de la présentation du plan de déconfinement du gouvernement.

"Le moment est critique, nous ne pouvons pas rester confinés", a expliqué le Premier ministre, à une semaine du début programmé du déconfinement le 11 mai. Le chef du gouvernement a insisté sur le "coût social et économique" du confinement qui "déchire notre tissu social" et "aggrave les difficultés que rencontrent certaines familles, certains secteurs, certains territoires".

"Le confinement se justifiait par l'urgence, mais son coût social et économique est colossal (...) La vie économique doit reprendre impérativement et rapidement, avec des aménagements, avec de la bonne volonté", a-t-il souligné.


Édouard Philippe a également qualifié la fermeture des écoles de "catastrophe pour les plus vulnérables des enfants et des adolescents", le décrochage scolaire étant selon lui "probablement une bombe à retardement", alors que certains élus locaux contestent la réouverture des écoles le 11 mai. "La réouverture des écoles nous semble donc une priorité, sociale et républicaine, qu'il faut évidemment concilier avec nos impératifs sanitaires", a-t-il ajouté. Concernant les masques de protection, et contrairement à ce qu'il avait annoncé la semaine dernière, le Premier ministre a indiqué qu'ils ne seraient finalement obligatoires pour les collégiens que si les règles de distanciation sociale ne pouvaient être respectées. 

Durant ses 50 minutes d'allocution, le Premier ministre a martelé que les "clés du déconfinement se trouvent sur le terrain, entre les mains des acteurs locaux", renouvelant ainsi sa promesse de différenciation. Mais il a dit souhaiter conserver "l'équilibre" actuel de la loi sur la responsabilité des maires, malgré leurs inquiétudes quant aux décisions à prendre pour le déconfinement.


Et il a au passage égratigné les "esprits (...) en mal de polémique" qui durant ce week-end ont accusé la grande distribution d'avoir conservé "un stock caché" de masques durant la crise. "Il n'y a jamais eu de stocks cachés : il y a eu des commandes massives, et il faut un certain temps avant qu'elles se concrétisent", a affirmé le chef du gouvernement.

Le Premier ministre a par ailleurs annoncé une aide de 200 euros qui sera versée à 800.000 jeunes de moins de 25 ans "précaires ou modestes". Ainsi, les "étudiants ayant perdu leur travail ou leur stage" et les "étudiants ultramarins isolés qui n'ont pas pu rentrer chez eux" se verront verser "début juin" une somme de 200 euros. Cette même somme "sera versée mi-juin aux jeunes de moins de 25 ans, précaires ou modestes, qui touchent les aides pour les logements", a précisé le Premier ministre.

Cette aide s'ajoute à celle de 150 euros (plus 100 euros par enfant) qui sera versée le 15 mai "à 4 millions de familles pauvres et modestes" touchent le revenu de solidarité active et l'allocation de solidarité spécifique. "Et les ménages bénéficiaires des allocations logement recevront 100 euros par enfant", a rappelé M. Philippe.


Édouard Philippe a par ailleurs annoncé le report du déconfinement à Mayotte où "le virus circule activement" et indiqué que les interdictions d'arrivée dans tous les territoires d'Outre-mer seraient maintenues "au-delà du 11 mai" avec "obligation de quatorzaine".

Enfin, signe d'ajustements en cours dans une situation incertaine, le Premier ministre a annoncé que le gouvernement était "prêt à étudier" la reprise des offices religieux le 29 mai au lieu de la date du 2 juin précédemment établie.

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