"Nous défendons le droit d'écrire notre histoire" : 171 artistes français soutiennent la réforme du droit d'auteur

"Nous défendons le droit d'écrire notre histoire" : 171 artistes français soutiennent la réforme du droit d'auteur
La jeune chanteuse Louane, signataire de la tribune publiée dans le Journal du dimanche, ce dimanche 24 mars.

Orange avec AFP-Services, publié le dimanche 24 mars 2019 à 09h09

La tribune dénonce les "sommes vertigineuses" dépensées par les géants du Net pour combattre le projet de directive révisant le droit d'auteur.

Cent-soixante-et-onze artistes et journalistes français dont l'actrice Sandrine Bonnaire, le dessinateur Enki Bilal, le compositeur et interprète Jean-Jacques Goldman, la star de l'électro David Guetta et la chanteuse Louane, ont signé une tribune publiée dimanche 24 mars en faveur de la réforme européenne du droit d'auteur, soumise à un vote final mardi.

Cette tribune, publiée dans le Journal du dimanche, débute sous la forme d'une fable intitulée "les bons géants qui devinrent ogres" : elle raconte comment les GAFA, géants au départ altruistes, sont devenus des ogres motivés par l'argent, résistant à toute forme de régulation.

Le texte dénonce les "sommes vertigineuses" dépensées par ces géants du Net pour combattre le projet de directive révisant le droit d'auteur.

Le Parlement européen doit se prononcer mardi 26 mars sur une adoption définitive de ce projet de réforme controversé, en discussion dans l'UE plusieurs années.

Une réforme combattue par Google

Soutenue par plusieurs dizaines de médias européens, dont l'AFP, et les artistes, la réforme ambitionne d'adapter à l'ère du numérique la législation européenne du droit d'auteur, qui date de 2001, une époque où YouTube, Tumblr ou encore Twitter n'existaient pas.

Ses défenseurs espèrent obtenir une rémunération plus juste des plateformes utilisatrices de leur contenus, mais cette réforme reste combattue avec force par les géants du Net comme Google et les partisans d'un internet libre. Ces opposants affirment que la réforme nuirait à la créativité et à la gratuité du Net.

"Une certaine idée de la démocratie"

Des arguments rejetés par les artistes signataires de la tribune. "Nous défendons le droit d'écrire notre histoire et non de vivre celle que les géants ont décidée pour nous, nous défendons l'intérêt général et pas seulement des intérêts privés car nous ne défendons rien d'autre que notre bien commun le plus précieux, une certaine idée de la démocratie", assurent-ils.

Enfin, s'adressant aux eurodéputés, ils plaident qu'en votant le projet de directive, ils prouveront que "l'Europe sait défendre les intérêts de ses peuples mieux que ces géants qui prétendent le faire à leur place".

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