Notre-Dame: Retailleau (LR) dénonce "une loi d'exception" et veut l'abandon du concours d'architectes

Notre-Dame: Retailleau (LR) dénonce "une loi d'exception" et veut l'abandon du concours d'architectes
Le chef de file des Républicains au Sénat, Bruno Retailleau à l'Elysée, le 5 février 2019

AFP, publié le jeudi 25 avril 2019 à 09h35

Les sénateurs LR ne voteront pas tel quel le projet de loi pour restaurer Notre-Dame car c'est "une loi d'exception", a indiqué jeudi leur chef de file Bruno Retailleau, en appelant à abandonner le projet de concours international d'architecture.

Un projet de loi pour restaurer la cathédrale autorisant des dérogations aux normes des marchés publics et de la protection patrimoniale a été présenté mercredi en Conseil des ministres, suscitant surprise et mécontentement de la part de voix importantes dans le monde de la culture qui critiquent la "précipitation" et le non-respect des règles en vigueur.

"Je pense qu'au Sénat on va le modifier", a indiqué jeudi sur RTL Bruno Retailleau. "On ne rejettera pas ce texte; bien sûr nous voulons restaurer, non pas reconstruire, Notre-Dame. Mais elle n'est pas l'objet du président, il ne peut pas prétendre se l'accaparer", a-t-il estimé en rappelant que le chef de l'Etat souhaite qu'elle soit reconstruite "plus belle encore".

"On n'a pas besoin de faire une loi d'exception, uniquement là pour crédibiliser la promesse d'Emmanuel Macron de (reconstruire) en cinq ans", a-t-il ajouté: "on a un code du patrimoine, un code du marché public; on ne va pas dépenser de l'argent public en contrevenant aux lois qui nous permettent de faire en sorte qu'on n'avantage pas telle ou telle entreprise".

Mais si l'on veut "aller vite", "je fais une proposition: on abandonne cette drôle d'idée d'un projet de concours d'architecture international qui va encore une fois opposer les Français les uns aux autres pour restaurer la flèche", a-t-il dit, en souhaitant au contraire utiliser "l'excellence française, des historiens d'art jusqu'aux compagnons artisans".

"Ce grand chantier doit être aussi un chantier français", a-t-il insisté.

Pour restaurer la cathédrale ravagée en partie par un incendie mi-avril, M. Retailleau a estimé que sur le quasi milliard d'euros récolté, "il faudra à peu près 500 millions", ce qui permettrait de "flécher" les 500 millions restants vers "la restauration du patrimoine religieux, les cathédrales et les milliers d'églises en France qui sont en train de se délabrer".

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